LIGUE
DJIBOUTIENNE DES DROITS HUMAINS
L.D.D.H
Le Président NOEL ABDI Jean Paul
NOTE
D'INFORMATION N°19/LDDH du 19 Juillet 2000
Le
cancer de la corruption
Racine de Coup d'Etat
électoraux (suite)
Le Glaive de la Justice est-il trempé
dans l'argent sale
?
Si
la justice est bien le reflet d'un pays, celle auxquelles nos concitoyens
sont soumises renvoie l'image d'un Etat dont les Institutions sont délabrées.
L'Institution
Judiciaire de prime abord, ne brille ni par la transparence de son fonctionnement,
ni l'équité de ses jugements, si ce n'est le contraire
Le
drame de ce pays, si drame il y a vient du fait que ceux qui la dirigent
depuis près d'un quart de siècle et qui sont les mêmes,
ils n'ont jamais cherché des solutions viables à ses problèmes,
ils se sont à chaque fois précipités sur l'issue
présentable qui s'offrent à eux. Il en va ainsi des maux
qui atteignent la Justice comme des dysfonctionnements qui touchent les
autres Institutions de l'Etat.
De
là, à dire que la liberté individuelle est encore
plus à plaindre, est une cruelle vérité quand on
sait qu'elle est garantie en tous points par la Constitution et pratiquement
interdite sur les grandes lignes par le pouvoir exécutif.
Jusqu'à
il y a peu, la République de Djibouti méritait de figurer
dans " Guiness Book of record ", pour les taux des détenus
politiques dans ses prisons. Toutefois, il reste encore trois prisonniers
politiques en détention provisoire depuis 1992 à la prison
de Gabode, et qui ne peuvent pas bénéficier de la grâce
Présidentielle comme paraît-il pour le terroriste Adawni.(Attentat
Café de Historil, dont 9 scientifiques européens et un djiboutien
sont décèdes).
La
torture systématique dans certaines cas (délit politique
notamment), a toujours existe, existe et n'aura de cesse d'exister que
si toutes les voies s'élèvent pour les dénoncer et
dénoncer l'incurie qui président au fonctionnement de l'appui
judiciaire ainsi que les acteurs comme les commanditaires de ces pratiques
barbares.
L'image
d'un pays est la Justice, la Justice djiboutienne reflète l'état
du pays . Le dysfonctionnement de cette Institution, malgré que
la Constitution lui confie une séparation nette et claire des trois
Pouvoir et la transparence pour son fonctionnement. Ce n'est un secret
pour personne que la Justice aujourd'hui va mal et très mal.
En tout premier lieu, l'essentiel des articles de la Constitution concernant
l'Appareil judiciaire est bafouée, tout d'abord, les Statuts de
Magistrats adoptés en 1994 par l'Assemblée Nationale ne
sont toujours pas promulgués et publiés dans le Journal
Officiel. L'absence de ce Statut ne met pas à l'abri des besoins
ou des tentations . La responsabilité des juges nécessite
une garantie de tout abus de Pouvoir de la part des dirigeants politiques
de l'administration centrale.
Le
Conseil du Contentieux Administratif ne siège plus depuis 1994,
les dossiers s'entassent. Les dossiers d'instruction s'éternisent,
les jugements et les arrêts rendus ne sont pas, dans plusieurs cas,
rédigés avec 6 mois, et un an et plus de retard.
La
motivation des décisions de justice est souvent insuffisante et
souvent ne sont pas motivées, certains justiciables font les tours
des bureaux des juges. Une telle situation n'est pas acceptable et ne
sera pas acceptée à court terme par la population.
Sur
le plan des libertés individuelles, les cas de tortures et les
mauvais traitements des prisonniers existent avant et surtout après
l'Indépendance et les plaintes contre ces abus n'arrivent pas à
franchir les " tiroirs du Parquet "
Le
Barreau de Djibouti n'est pas épargné lui aussi de la soumission
au Pouvoir de l'Exécutif. Dès qu'il s'agit d'une importante
procès politique, les avocats djiboutiens " se volatilisent
" et pour cause
.
Mise
à part le Code Pénal, le Code de Procédure Pénal,
tous les autres codes n'existent pas notamment.( en matière du
droit commercial, civil, Administratif, Travail, Privé etc.
A Djibouti, en ce qui concerne certains dispositions de l'application
de la Constitution tels la Chambre des Comptes et les Statuts des magistrats
n'ont jamais été promulgués dans les délais
impartis et prévus par la Constitution. En effet le 1er projet
de Loi sur la Chambre de la Cour de Compte a toute de suite été
bloqué par la Présidence et n'a ni été soumis
au Conseil des ministres et ni à l'Assemblée Nationale pour
adoption en 1993 conformément aux délais de 6 mois, fixe
par la Constitution.
C'est
en octobre 1997 et dans le but d'épater le FMI qu'un projet de
loi a été adopté et comme avait fait remarqué,
lors du débat avant son adoption, un parlementaire de l'Opposition
membre du Groupe pour le Démocratie et pour la République(G.D.R)
qui avait déclaré " que tout comme la Loi sur les Statuts
des magistrats qui avait été adoptés à l'unanimité
en 1994 et que le Président de la République avait refusé
de la publier. Alors que cette Loi qui sera adopté par l'ensemble
des députés, ne sera certainement pas promulguée
où elle sera classée dans les tiroirs du Président
de la République ".
Tout
comme la Loi sur le Contrôle Générale de l'Etat adoptée
par l'Assemblée Nationale à l'unanimité promulguée
et publieé dans le Journal Officiel, mais qui se trouve toujours
dans les tiroirs de la commode Présidentiel. "
Tout
ceux-ci reflètent une volonté gouvernementale de paralyser
toute action et toute lutte contre les détournements des deniers
publics et en muselant le Pouvoir judiciaire par le fait de désarmer
l'administration judiciaire notamment les juges vidés de leur Statuts.
Toute Réforme Institutionnelle sans l'application de ces Lois et
sans ces droits fondamentaux est une chimère.
Tout
comme il ne peut pas exister l'application d'une politique en faveur du
Programme d'Ajustement Structurel (P.A.S) de lutter contre la corruption,
pour la bonne marche et de la confiance dans les libertés fondamentales
du secteur Privé, sans l'application des cas découlants
de la Constitution et sans l'acceptation de ces droits fondamentaux aux
magistrats.
Il
est utopique de croire et d'espérer : au respect de toutes les
libertés fondamentales, au respect des Droits de l'Homme, à
la Démocratie, à l'Etat de Droit, à la bonne Gouvernance
sans l'application de ces droits fondamentaux et à la totale Indépendance
du Pouvoir Judiciaire .
La
LDDH avait suivi avec une agréable attention la journée
de Réflexion sur la Justice du 19 février 2000, et cinq
mois après, elle constate que de très faibles espoirs.
La
LDDH réitéré sa volonté de participer à
tous les travaux pour une vraie Justice dans le respect des Droits de
l'Homme en République et elle reste toujours à la disposition
du Ministère de la Justice chargé des Droits de l'Homme.
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