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RESOLUTION
DE LA LIGUE DJIBOUTIENNE DES DROITS HUMAINS (LDDH).
ETATS GENERAUX
DE LA JUSTICE DU 11 au 15 NOVEMBRE 2000
Résolution
- Rappelant
que la République de Djibouti a pour Devise Unité-Egalité-Paix.
- Rappelant qu'après
l'accession à l'indépendance, la Présidence de
la République s'est dotée d'une police politique.
- Rappelant que
pendant pratiquement les dix premières années les actions
de violations des Droits de l'Homme étaient moins spectaculaires
et moins connues.
- Rappelant que
les actions de violations entre 1987 à 1990 ont continué
à s'amplifier pour se transformer au Nord et à l'Ouest
de la République en conflit interne, en conflit armé.
- Rappelant qu'après
quinze ans d'Indépendance et en plein conflit armé interne,
la République de Djibouti a connu sa première Constitution
le 4 septembre 1992.
- Convaincus
que cette première Constitution a des imperfections qui se sont
avérés dangereuses au fil du temps.
- Convaincus
que l'une des imperfections les plus flagrantes est le cumul de la fonction
de Président de la République et celui de la fonction
de chef de Gouvernement.
- Convaincus
que le titre II sur : Les Droits et Devoirs de la Personne Humaine est
presque parfait, presque complet.
- Convaincus
que dès le début la Constitution nationale fut bafouée
par celui qui devrait incarner l'unité nationale et qui devrait
assurer la continuité de l'Etat, celui qui devrait être
le garant de la sécurité nationale, le garant du respect
de la Constitution (article 22 de la Constitution).
- Convaincus
que la Constitution, et en particulier son titre II ont été
régulièrement et constamment violés.
- Convaincus
que les structures du Pouvoir judiciaires ont été totalement
démantelées par celui qui devrait être le garant
de l'indépendance de la Magistrature par celui qui devrait présider
le Conseil Supérieur de la Magistrature (article 73 de la Constitution).
- Convaincus
:
- que l'article
71 stipulant que : " le pouvoir judiciaire est indépendant
du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif. Il s'exerce
par la Cour Suprême et les autres cours et tribunaux "
- que l'article
72 stipulant : " le juge n'obéit qu'à la loi. Dans
le cadre de sa mission, il est protégé contre toute
forme de pression de nature à nuire à son libre arbitre.
Les magistrats du siège sont inamovibles ".
- que ces deux
articles fondamentaux de la Constitution sont devenus caducs depuis
1996 et restent encore caducs.
- préoccupés
par l'inexistence du Principe de la Séparation des Pouvoirs.
- préoccupés
par l'inexistence de l'indépendance du Pouvoirs Judiciaire.
- soucieux de
la dévalorisation des juges tant sur le plan moral, matériel,
financier.
- soucieux du
manque de formation continu nécessaire aux juges.
- soucieux du
manque total de transparence de l'Institution Judiciaire.
Demandons le respect des Institutions et la mise en application du Principe
de la Séparation des Pouvoirs.
Demandons le
respect de la Constitution en particulier le titre II.
Demandons le
respect de l'Indépendance du Pouvoir judiciaire notamment les
articles 71 et 72, 73,74 de la Constitution.
Demandons que
tous les Procès politiques expéditifs, illégaux
et anticonstitutionnels soient rapidement révisés.
Djibouti le 14 novembre 2000
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Lettre de M Moumin Bahdon à la Présidente de la Cour Suprème
en réponse à son invitation de participer aux travaux.
Moumin Bahdon
Farah
Ancien Ministre de la Justice
à
Madame Khadija Abeba
Présidente de la Cour Suprême
Atelier des Etats Généraux
Djibouti, le 13 novembre 2000
Madame la Présidente,
M. NOEL ABDI Jean - Paul m'a informé, que vous aviez bien "
assuré qu'il n'existe dans l'atelier aucun tabou, puisque le
mot d'ordre " de vos travaux " est la transparence ".
Je vous remercie
de lui avoir demandé de me transmettre votre invitation verbale
à cet atelier.
J'ai agréablement
apprécié votre invitation, et vous demande de bien vouloir
transmettre à tous membres des Etats Généraux mes
remerciements pour cette aimable invitation.
La tâche
qui vous attend est très ardue, d'autant plus que je ne vois
pas encore une volonté politique, si minime soit - elle.
La mainmise
du Gouvernement sur le Pouvoir judiciaire restera toujours oppressante
tant que les hommes politiques, habitués aux violations des Institutions
Républicaines, continueront à s'obstiner.
Je suis persuadé
que vos travaux ne manqueront pas de soulever et d'exiger la Révision
de tous les procès politiques, notamment ceux qui ont été
prises dans la précipitation et d'une manière intolérable,
ceux qui se sont déroulés dans un climat politique policier
et dont le seul but était celui d'assurer une succession à
la plus haute instance de l'Etat.
Bon courage
à vous tous.
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