LIGUE
DJIBOUTIENNE DES DROITS HUMAINS (LDDH)
NOTE
D'INFORMATION N°20/LDDH du 25 juillet 2000
Compte rendu
de la visite des Cercles de l'Intérieur.
Tadjourah - Ali-Sabieh
L'Utile
et l'agréable
.visite du Nord et du Sud
Pour se rendre
à Tadjourah, on emprunte la route du Roi FAHD BIN ABDUL AZIZ
qui avait été construite par une entreprise Yougoslave
financée par l'Arabie Saoudite, mais aujourd'hui on remarque
que des travaux de rénovations ont été faites d'une
façon non appropriée c'est à dire les radiés
et les réfections de la route sont mal faites et avec tous les
risques, d'accidents. Pourtant il y a eu un financement extérieur
pour le réaménagement de cet axe routier mais les contrôles
et les réceptions n'ont certainement pas été faites
sinon bâclés.
Après
une visite de courtoisie auprès du Commissaire de la République
de Tadjourah, ce dernier nous a maintes reprises dit qu'on pouvait visiter
l'Intérieur et se rendre jusqu'aux frontières. Ce qui
nous a réconforté.
Voyons de plus
près le Chef Lieu de Randa. Un tiers de la ville est ravitaillé
en eau grâce à un système d'adduction d'eau directement
relié à la montagne, les deux tiers sont privés
d'eau par manque d'électricité, alors que les infrastructures
(réservoir, tuyaux) sont à revoir. Il existe un projet
des fonds sociaux pour la réhabilitation d'électricité
et de l'eau financés par la Banque Mondiale (I.D.A) mais ces
fonds restent toujours en berne.
Sur Louizia
se démène avec dévouement dans des actions humanitaires
et depuis deux ans, elle a reconstitué complètement petit
à petit l'infirmerie grâce à d'autres organismes
sociaux. Elle a réussi à mettre sur pieds le dispensaire
comprenant un Centre de Maternité et un Centre de Pédiatrie,
ainsi qu'un projet de Centre Médical pour tuberculeux à
Dorra.
Elle projette
à réaliser prochainement, compte tenu du fait que ces
Centres sont fréquentés par des femmes et des bébés
nomades et qu'il est difficile d'obtenir des villageois des ravitaillements
pour améliorer la situation de la nourriture lors de leurs hospitalisations
ou durant leurs soins, Sur Louizia va bientôt réaliser
une cuisine munie d'un stock d'aliment qui doit être régulièrement
fourni et soutenu par d'autres Organismes ou par le PAM. Les jeunes
de Randa une fois par semaine assurent la propreté de ce dispensaire.
Par ailleurs
une dizaine des familles qui ont fui leurs habitations sont revenues
depuis l'Accord cadre pour la Paix, la quasi-totalité des habitants
qui ont fui ne sont pas revenus et leurs habitations sont occupées
par les Forces Armées avec leurs familles. (voir notre communiqué
n°20)
De passage à
Ali-Sabieh, nous avons constaté que la ville était sans
eau et la population se ravitaillait par des brouettes.
Voyant de plus
près le Chef Lieu de Holl-Holl. Holl-Holl était toujours
sans électricité, paraît-il à cause de la
réduction du gas-oil, la distribution de l'eau est octroyée
à la population que quelques heures le matin et encore
Le
dispensaire manque de Sur Louizia ou de la courageuse bénévole
AJABO BOUH qui assurait le service de maternité avec ténacité.
De retour vers Djibouti, on a emprunté la piste de Holl-Holl
dans un état lamentable. Il est bon de rappeler qu'avant et après
l'Indépendance, l'Armée française, plus exactement
le génie de la Légion Etrangère entretenait régulièrement
la piste de Holl-Holl Djibouti.
A nos militaires
de l'Ecole Militaire il est demandé de redoubler leurs efforts
pour que cette piste soit régulièrement entretenue. Il
est à signaler que toutes les barrages de contrôle, que
nous avons franchie était libre sauf à l'entrée
d'Ali-Sabieh et des soldats sont postés à l'entrée
de Holl-Holl ou l'armée a vérifié notre voiture.
Sur les paysages
du Nord au Sud, c'était la désolation ,les bétails
squelettiques, pratiquement mourant, la terre aride, " les savanes
de pierres ", l'herbe fanée, les arbres dénudés,
seuls la rocaille et le basalte noir " resplendissaient "
partout sous le soleil torride de l'été avec un retard
et des pluies, de deux ans et plus.
Sur le plan
social ce qui nous a frappé le plus était la situation
des jeunes sans occupations, sans travail, sans maisons de jeunes opérationnelles
aussi bien à Holl-Holl et qu'à Randa pourtant des Chefs
Lieu, avaient une importance que l'on peut constater que lors des élections
Les structures
sociaux du Nord au Sud ont été abandonnées par
le Gouvernement dans toute la République de Djibouti. C'est pourquoi
la Société Civile n'évolue pas, c'est parce qu'il
n'y a pas une bonne volonté, délibérée et
surtout continue de la part des dirigeants.
La Ligue Djiboutienne
des Droits Humains demande au Ministère de l'Intérieur
de mieux coordonner les actions en faveur du développement des
Districts de l'Intérieurs, notamment le commerce intérieur
en accordant une attention particulière à l'entretien
des routes.
La LDDH ne manquera
pas à continuer de suivre avec vigilance les problèmes
de l'ensemble des Districts de la République de Djibouti.
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