L.D.D.H. Note N° 20/25 juillet 2000
Ligue Djiboutienne des Droits humains

Le Président NOËL ABDI Jean Paul
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B.P. 74 DJIBOUTI
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BUR TEL : 253 357804

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LIGUE DJIBOUTIENNE DES DROITS HUMAINS (LDDH)

 

NOTE D'INFORMATION N°20/LDDH du 25 juillet 2000

Compte rendu de la visite des Cercles de l'Intérieur.
Tadjourah - Ali-Sabieh

L'Utile et l'agréable….visite du Nord et du Sud

Pour se rendre à Tadjourah, on emprunte la route du Roi FAHD BIN ABDUL AZIZ qui avait été construite par une entreprise Yougoslave financée par l'Arabie Saoudite, mais aujourd'hui on remarque que des travaux de rénovations ont été faites d'une façon non appropriée c'est à dire les radiés et les réfections de la route sont mal faites et avec tous les risques, d'accidents. Pourtant il y a eu un financement extérieur pour le réaménagement de cet axe routier mais les contrôles et les réceptions n'ont certainement pas été faites sinon bâclés.

Après une visite de courtoisie auprès du Commissaire de la République de Tadjourah, ce dernier nous a maintes reprises dit qu'on pouvait visiter l'Intérieur et se rendre jusqu'aux frontières. Ce qui nous a réconforté.

Voyons de plus près le Chef Lieu de Randa. Un tiers de la ville est ravitaillé en eau grâce à un système d'adduction d'eau directement relié à la montagne, les deux tiers sont privés d'eau par manque d'électricité, alors que les infrastructures (réservoir, tuyaux) sont à revoir. Il existe un projet des fonds sociaux pour la réhabilitation d'électricité et de l'eau financés par la Banque Mondiale (I.D.A) mais ces fonds restent toujours en berne.

Sœur Louizia se démène avec dévouement dans des actions humanitaires et depuis deux ans, elle a reconstitué complètement petit à petit l'infirmerie grâce à d'autres organismes sociaux. Elle a réussi à mettre sur pieds le dispensaire comprenant un Centre de Maternité et un Centre de Pédiatrie, ainsi qu'un projet de Centre Médical pour tuberculeux à Dorra.

Elle projette à réaliser prochainement, compte tenu du fait que ces Centres sont fréquentés par des femmes et des bébés nomades et qu'il est difficile d'obtenir des villageois des ravitaillements pour améliorer la situation de la nourriture lors de leurs hospitalisations ou durant leurs soins, Sœur Louizia va bientôt réaliser une cuisine munie d'un stock d'aliment qui doit être régulièrement fourni et soutenu par d'autres Organismes ou par le PAM. Les jeunes de Randa une fois par semaine assurent la propreté de ce dispensaire.

Par ailleurs une dizaine des familles qui ont fui leurs habitations sont revenues depuis l'Accord cadre pour la Paix, la quasi-totalité des habitants qui ont fui ne sont pas revenus et leurs habitations sont occupées par les Forces Armées avec leurs familles. (voir notre communiqué n°20)

De passage à Ali-Sabieh, nous avons constaté que la ville était sans eau et la population se ravitaillait par des brouettes.

Voyant de plus près le Chef Lieu de Holl-Holl. Holl-Holl était toujours sans électricité, paraît-il à cause de la réduction du gas-oil, la distribution de l'eau est octroyée à la population que quelques heures le matin et encore…Le dispensaire manque de Sœur Louizia ou de la courageuse bénévole AJABO BOUH qui assurait le service de maternité avec ténacité.

De retour vers Djibouti, on a emprunté la piste de Holl-Holl dans un état lamentable. Il est bon de rappeler qu'avant et après l'Indépendance, l'Armée française, plus exactement le génie de la Légion Etrangère entretenait régulièrement la piste de Holl-Holl Djibouti.

A nos militaires de l'Ecole Militaire il est demandé de redoubler leurs efforts pour que cette piste soit régulièrement entretenue. Il est à signaler que toutes les barrages de contrôle, que nous avons franchie était libre sauf à l'entrée d'Ali-Sabieh et des soldats sont postés à l'entrée de Holl-Holl ou l'armée a vérifié notre voiture.

Sur les paysages du Nord au Sud, c'était la désolation ,les bétails squelettiques, pratiquement mourant, la terre aride, " les savanes de pierres ", l'herbe fanée, les arbres dénudés, seuls la rocaille et le basalte noir " resplendissaient " partout sous le soleil torride de l'été avec un retard et des pluies, de deux ans et plus.

Sur le plan social ce qui nous a frappé le plus était la situation des jeunes sans occupations, sans travail, sans maisons de jeunes opérationnelles aussi bien à Holl-Holl et qu'à Randa pourtant des Chefs Lieu, avaient une importance que l'on peut constater que lors des élections

Les structures sociaux du Nord au Sud ont été abandonnées par le Gouvernement dans toute la République de Djibouti. C'est pourquoi la Société Civile n'évolue pas, c'est parce qu'il n'y a pas une bonne volonté, délibérée et surtout continue de la part des dirigeants.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains demande au Ministère de l'Intérieur de mieux coordonner les actions en faveur du développement des Districts de l'Intérieurs, notamment le commerce intérieur en accordant une attention particulière à l'entretien des routes.

La LDDH ne manquera pas à continuer de suivre avec vigilance les problèmes de l'ensemble des Districts de la République de Djibouti.

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