LA
LIGUE DJIBOUTIENNE DES DROITS HUMAINS
L.D.D.H
Djibouti,
le 1er avril 2000
NOTE
D'INFORMATION N°5/LDDH/2000
La Ligue
Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) se réjouit particulièrement
de la double initiative très heureuse de la Commission Européenne
et du Centre Nord-Sud du Conseil de l'Europe :
- de réunir
un sommet des Chefs d'Etat et de Gouvernement d'Europe et d'Afrique ;
- de réunir en même temps et parallèlement les représentants
des sociétés civiles africaine et auropéenne.
Du
reste, son Président a participé à l'une des réunions
préparatoires concernant la société africaine aux lieu
et place de Maître AREF frappé d'interdiction de se déplacer
par les autorités djiboutiennes.
La LDDH saisit cette exceptionnelle opportunité pour appeler tous
les intervenants et participants attachés à l'effectivité
d'un Etat de droit, des droits humains, à l'instauration d'une justice
totalement indépendante et d'une véritable démocratie,
conditions élémentaries pour un développement économique
et social :
- de conditionner
toute aide au strict respect effectif de la dignité humaine telle
que prévue par tous les instruments internationaux et en particulier
la Charte Inernationale des Droits de l'Homme dont le préambule précise
que " la Charte des Nations Unies impose aux Etats l'obligation de
promouvoir le respect universel et effectif des droits et des libertés
de l'homme " ;
- de sevrer de l'aide internationale aussi bien bilatérale que multilatérale
tous les Etats qui ne respectent pas et qui violent les droits humains ainsi
que les libertés les plus fondamentales ;
- de diriger leur aide vers la société civile strictement
indépendante des dirigeants oppressifs.
La LDDH saisit aussi
cette opportunité pour attirer l'attention de la communauté
internationale sur la situation désastreuse que le pouvoir fait subir
à la population djiboutienne et en particulier à la société
civile indépendante à savoir notamment :
- les populations
du nord et de l'ouest subissent un blocus alimentaire et sanitaire depuis
1991 ;
- des opposants politiques au nombre de 17 demeurent encore emprisonnés
malgré l'engagement du gouvrenement de les libérer ;
- les partis politiques tout comme les syndicats refusant de faire allégeance
au Pouvoir sont systématiquement interdits à la fois d'existence
et d'activités ;
- il en est de même en ce qui concerne les associations indépendantes
et en particulier la Ligue Djiboutienne des Droits Humains tout comme les
autres défenseurs des droits de l'homme auxquels le Pouvoir refuse
encore obstinément toute possibilité d'accomplir leur noble
mission ;
- l'Assemblée Nationale ainsi que la justice djiboutienne dans tout
son ensemble y compris le Barreau sont encore complètement soumises
aux ordres du pouvoir ;
- Toues les libertés fondamentales sont confisquées par le
pouvoir comme par exemple les moyens publics d'informations gérés
au seul profit de l'équipe dirigeante.
Enfin
et sans que cette énumération ne soit exhaustive la LDDH est
consternée par le manque total du moindre égard et le mépris
ouvertement affiché par le pouvoir djiboutien envers la Commission
Européenne et le Conseil de l'Europe lorsqu'ils lui ont demandé
en particulier de restituer son passeport à Maître AREF, membre
de la société civile djiboutienne et régionale, invité
à participer au Forum préparatoire de la rencontre Euro-Afrique.
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