I
- Désarroi inquiétant à Arta
Certains
responsables djiboutiens considèrent, qu'ils sont en passe à
une période de désarroi. Ils ne savent plus exactement
comment maîtriser les acceptations contradictoires, qui risquent
fort de se transformer en des écueils dangereux à la "
navigation de cette réconciliation ". Ce qui expliquerait,
peut être, les agissements et surtout les déclarations
brutales et intempestives du patron de la diplomatie djiboutienne.
C'est sur cette toile de fond du désarroi, que nous allons essayer
de vous soumettre une approche, qui va s'articuler sur quelques points.
1) Objectifs de cette conférence et critères de choix
des délégués.
2) Méthodes de travail et les difficultés rencontrées
3) Les premières Décisions
4) Les réactions et leurs impacts
1 Objectifs de cette conférence et composition
L'objectif
de cette conférence est d'instauré à nouveau les
structures d'un État somalien avec la nomination des membres
d'un parlement, d'un Président de la République par un
" Grand électeur " lui même choisi par des dirigeants
coutumiers tels que le Ugaas, Salaadin, Bogor, Imans, Mahagyad, Wabarred
etc
C'est ainsi qu'à la conférence à Arta, après
un symposium des intellectuels de tout horizon qui s'était tenu
dans la capitale, la première phase des discussions et des contacts
a eu lieu à Arta. Dès le début, les organisateurs
djiboutiens nous ont informé, que pour cette première
phase, les conférenciers seront composés par des dirigeants
coutumiers.
2
Organisation, les méthodes de travail et les difficultés
les plus choquantes.
Dès
l'ouverture des travaux, l'organisation proprement dite a été
prise en charges par le gouvernement djiboutien. Quant aux conférenciers,
ils ont fixés deux méthodes de travail, à savoir
:
- Que les échanges de points de vue, les débats, ainsi
que l'adoption des décisions qui en résultent, doivent
faire l'objet de séances plénières et en présence
des conférenciers.
- que dans le cadre des réconciliations entre certaines tribus,
des réunions parallèles pourront avoir lieu uniquement
entre les tribus concernées.
Évidemment, comme tous les participants sont isolés à
Arta, il ont donc tout leur loisir de continuer et d'approfondir les
contacts et les échanges des différents points de vue.
Il est important de citer les difficultés, les plus choquantes
sur l'organisation.
a) Sur l'organisation administrative
Dans
de telle conférence, où il est important de connaître
la ou les positions de chaque conférencier et/ou des groupes
des conférenciers, il est important et pratiquement indispensable
de procéder à l'enregistrement systématique de
tous les débats des séances plénières et
l'établissement des procès verbaux dont la transcription
doit être fidèle aux débats enregistrés.
Afin de créer un climat de confiance, il est tout à fait
logique et nécessaire, d'exiger la transparence des débats,
au moins par l'établissement régulier et périodique
( une fois par semaine par exemple) de Compte rendu analytique, qui
aurait pour résultat majeur, celui d'influer sur la bonne compréhension
du problème somalien et servir de support à la mobilisation
des mass - média et dynamiser le renforcement du soutien de la
Communauté Internationale, de même que des bailleurs de
fonds, car la transparence des informations ne peut être que bénéfique
et elle permet, à ceux qui veulent vraiment aider le peuple somalien,
à se préparer aux différentes évolutions,
même si elles peuvent paraître minime. Quant au nombre,
des chefs coutumiers, il est réparti à part égal,
entre cinq branches des grandes tribus somaliennes soit trente par branche,
avec un total de 30X5 = 150 conférenciers. Et ceci, pour la première
tranche de cette Conférence.
Toutefois, le nombre des participants et invités somaliens varie
de 800 à 1200 personnes.
On peut donc considérer que les 150 conférenciers étaient
renforcés en réalité par 800 à 1200 participants
somaliens.
Dans le domaine de l'organisation de la logistique, la gestion des fonds
n'est vraiment pas transparente, il est même difficile de connaître
d'où proviennent les fonds. Toutefois le Comité de logistique
a réussi à assurer l'intendance depuis le début.
Seul un incident regrettable, mais grave, car on déplore cinq
blessés, a eu lieu entre les forces de police et le personnel
mis à la disposition des participants (femmes de ménage,
serveurs, etc..)
3 les décisions
Compte
tenu, du manque de documents écrits, et tenant compte du flou
ou plutôt des différentes interprétations, nous
vous soumettons deux décisions qui ont été formulées,
mais dont personne est en mesure d'indiquer laquelle, des deux, a été
retenue.
Le nombre, des membres de la prochaine Assemblée qui devrait
débutée ses travaux le 6 juin 2000, ce compose de ces
deux manières :
Par
ordre alphabétique :
A :
1) Darod 130 + 22 femmes
2) Dir 130 + 22 femmes
3) Hawiyé 130 + 22 femmes
4) Issak 130 + 22 femmes
5) Raxawen 130 + 22 femmes
Total 152 x 5 = 760 délégués
B : 1) Darod 130 + 22 femmes
2) Dir 130 + 22 femmes
3) Hawiyé 130 + 22 femmes
4) Raxawen 130 + 22 femmes
5) Others 65 + 11 femmes
Total 152 x 4 + 76 = 684 délégués.
4
Les réactions et leurs impacts
nous
vous présentons une traduction, sous forme de résumé,
de l'interview du Président du Somaliland S.E. Ibrahim Hadji
Egal à la BBC section somalie le 3 juin 2000.
De même que l'interview, toujours à la BBC du Président
du Puntland S.E. Abdillahi Youssouf. Cette interview a eu lieu le 7
juin 2000.
a)
S.E. I. H. Egal
nous ne sommes pas contre la dite Conférence mais nous avions
simplement rejeté les méthodes proposées par le
pays hôte. Le président a démenti catégoriquement
son opposition à la réconciliation nationale somalienne
et il considère ceci comme une propagande Internationale de son
homologue Djiboutien.
La Somaliland préconise la tenue d'une conférence de l'ancien
Somalia pour pouvoir élire des représentants pour cette
partie de la Somalie.
Quel conseil suggérez vous ?
nous proposant au somalien de préparer le terrain et de mettre
en place les structures adéquates, tout en respectant les résolutions
et les conclusions du groupe des intellectuels et des sages de la communauté
somalienne. On n'anticipant pas les décisions prises hors du
terrain, afin de préserver l'intégrité et le bien
être de tous.
b)
S.E. Abdillahi Youssouf
A indiqué, qu'à la suite des réunions répétées
de notre Parlement et du Conseil des sages, nous avons décidé
le retour de notre délégation pour consultation et nous
vous avons demandé à Monsieur le Président Ismael
Omar Guelleh de garantir la sécurité de notre délégation,
ainsi que leur droit à la liberté de tenir une conférence
de presse, de même que le droit d'aller et de venir. Il a précisé
que cette délégation n'était pas habilité
à poursuivre la suite de cette Conférence, mais était
uniquement chargée de la première phase des travaux. La
délégation du Puntland a demandé de regagner leur
pays pour consultation. Si dans les 24h
qui suivent, elle est toujours retenue à Djibouti, nous serons
dans l'obligation de les considérer comme pris en otage et nous
serons contraint de prendre toutes les dispositions qui s'imposent,
par les voies et les règles d'un État souverain.
II
- En marge de cette Conférence somalienne.
Quelle est la situation du citoyen djiboutien ?
"
Qu'a tu fais citoyen djiboutien pour ton peuple ? "
Après un peu plus d'un an des élections présidentielles,
et en ces périodes de crises aiguës, cette question devrait
être posée et argumentée, à notre avis, au
Premier Magistrat - Chef du Gouvernement - Président du Parti
Politique au Pouvoir - Chef des Armées etc
Certes, il est vrai, que ce n'est pas à nous de polémiquer
sur cette question, alors nous allons prochainement nous contenter à
vous énumérer, en les localisant, certains secteurs de
crises de haute tension, source des conflits, et qui malheureusement,
jusqu'à présent n'ont pas pût trouver des solutions
de règlements. Peut être par manque de temps, peut être
par manque de volonté politique, peut être par peur de
l'inconnu, par peur de prendre des décisions politiques, peut
être par l'isolement ou la concentration de tous les Pouvoirs
de l'Etat sur une seule personne ( concentration dangereuse qui ne peut
qu'engendrer un système dictatorial) ou peut être, tout
çà, à la fois.
Afin
de ne pas alourdir cette note, nous préférons réserver
cette analyse pour une date ultérieure.