NOTE D'INFORMATION
n° 22/LDDH/00
Du 07 novembre 2000.
Thèmes
de réflexion à l'attention de la Jeunesse,
suivis de l'Accord Cadre du 07 février 2000.
" Chaque homme dans sa nuit s'en va vers la lumière...
" La vie de chacun de nous a un sens qui nous échappe, et
ce serait le cas de reparler de la fameuse tapisserie dont nous n'apercevons
que l'envers : l'endroit, nous ne le verrons que beaucoup plus tard.
Ce qui nous paraît aujourd'hui embrouillé, ténébreux,
confus, se montrera sous un aspect harmonieux. Chacun, malgré
ses difficultés, ses vacillations, ses chutes, n'en va pas moins,
dans une obscurité étouffante, vers la paix. Il y aura
finalement ce jour où, comme dit l'Ecriture, Dieu essuiera toutes
les larmes.... Certes, nous ne savons pas comment notre salut s'opère,
et notre vie apparaît comme un roman dont nous n'arrivons pas
à trouver le titre, mais Dieu trouve le Titre.
J. Green
Par Robert de Saint Jean et Luc Estang
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Sartre lui-même
est plus nuancé, plus " dialectique ", si l'on veut.
Il donne deux raisons " externes " à l'hostilité
communiste :
- Un "
compagnon de route critique " ne peut être toléré
par le stalinisme : " ... un compagnon de route d'accord en tout,
oui, mais un compagnon de route critique était un ennemi. "
Les mains sales
De J.P SARTRE
Commenté par Marc BUFFAT.
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" Tous
ceux qui ont sauté de la loge du portier dans l'antichambre,
qui se sont glissés de l'antichambre dans le salon, qui ont rampé
du salon dans le cabinet du ministre ; tous ceux qui ont écouté
aux portes, ont à dire comment ils ont reçu dans l'estomac
l'outrage qui avait un autre but. Les admirations à la suite,
les mendicités dorées, les vertueuses trahisons, les égalités
portant plaque, ordres ou couleurs de laquais, les libertés attachées
au cordon de sonnette, ont à faire resplendir leur loyauté,
leur honneur, leur indépendance. Celui-ci se croit obligé
de raconter comment, tout pénétré des dernières
marques de la confiance de son maître, tout chaud de ses embrassements,
il a juré obéissance à un autre maître ;
il vous fera entendre qu'il n'a trahi que pour trahir mieux ; celui-là
vous expliquera comment il approuvait tout haut ce qu'il détestait
tout bas, ou comment il poussait aux ruines sous lesquelles il n'a pas
eu le courage de se faire écraser. "
Qui êtes
- vous ?
De Chateaubriand
Présenté par Jose Cabanis
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Sur l'Accord Cadre du 07 février
2000 signé à Paris
entre le FRUD et le Gouvernement.
Neuf mois
après
faut-il provoquer l'accouchement ?
En venant négocier
avec le régime sur son terrain, le FRUD et son Président
Ahmed DINI AHMED, ont fait montre d'un courage politique qui mérite
d'être souligné.
Neuf mois se
sont écoulés depuis la signature de ''l'Accord Cadre des
Réformes et de la Concorde Civile'' le 07 février 2000
à Paris et la paix que tout le pays et les amis de notre petite
République appellent de leurs vux, se fait toujours attendre,
sans que l'on ne sache grand chose, au juste, sur l'état de l'avancement
des pourparlers entre les deux parties.
La Ligue Djiboutienne
des Droits Humains (LDDH) comprend que la discrétion soit nécessaire
pour donner une chance à l'aboutissement de cette négociation,
mais en la faisant traîner en longueur, n'hypothèque-t-on
pas cette chance unique de voir notre pays renaître sur des bases
institutionnelles nouvelles ? Ne risque-t-on pas, en définitif,
de se retrouver devant un fait accompli ? Devant la continuité
d'une politique foncièrement dictatoriale avec de nouveaux blasons
?
Au-delà,
la LDDH s'interroge sur la réelle motivation du régime
pour accepter les remèdes institutionnels et la politique qu'appelle
l'état lamentable de notre pays.
Pour la LDDH,
il est temps qu'un coin du voile, au moins, soit levé sur les
acquits concrets et concrètement applicables de l'Accord Cadre
des Réformes et de la Concorde Civile.
Le régime
est-il prêt à concéder sur les points essentiels
des réformes démocratiques et institutionnelles auxquelles
il s'est engagé en signant avec le FRUD à Paris ?
Pour la LDDH,
il n'y a pas plus impérieuse obligation que celle exigée
pour l'avenir du pays et, à cet aune, la LDDH se demande si les
trop nombreuses ''obligations'' internationales que s'impose le Chef
de l'Etat, ne sont pas un prétexte pour éroder la patience
du FRUD ou le faire céder ?
Nous constatons
que, contrairement à son engagement, le gouvernement continue
à mettre en place ''sa'' décentralisation, ''sa'' Cour
des Comptes, et en même temps, il s'avère que le désengagement
militaire prévue au Nord du pays, selon les points de l'Accord
Cadre, n'a pas été effectué. Que la démobilisation
serait parfois suivie d'une autre mobilisation de nouvelles recrues.
Rien n'est clair sur le programme de démobilisation qui s'effectue
certainement sur des critères tribaux.
De même,
selon nos informations, seul le FRUD a procédé au déminage
de ces zones, où en sont les travaux de déminage aux alentours
de Tadjourah ville et Obock ville ? Dans la pratique et d'une manière
générale, où en sont les travaux de déminage
avec le soutien des américains ?
Le 7 avril 2000,
par la Note d'Information n°7/LDDH/2000, dans " quelle analyse
peut-on tirer de l'Accord Cadre ? ", nous avons fait remarquer,
entre autres :
L'Accord-Cadre
du 7 février 2000, signé entre le FRUD et le Gouvernement
de Djibouti, stipule explicitement dans son article 3 relatif à
la démocratie :
" Qu'il
n'y a de République viable sans démocratie, sans équilibre
des pouvoirs, pluralité de l'opinion, liberté d'en faire
état et droit d'agir pour les faire valoir ".
Cet article bien
que " transcris " généralement dans les dispositions
constitutionnelles de 1992 mérite d'être discuté
à maints égards car il reflète, au fond, l'état
de fonctionnement de nos Institutions, l'exigence de l'application de
la loi fondamentale garantissant, entre autres, la Séparation
des Pouvoirs, et en particulier l'indépendance d'une Justice,
réellement atteinte si l'on se réfère à
la litanie des abus perpétrés, encore et toujours, par
un système politico-judiciaire inhérent au non respect
de ladite disposition.
Sa non application
est source des difficultés aux multiples formes (institutionnelles,
politiques, économiques et sociales) auxquelles est confronté
aujourd'hui le pays.
La Note d'Information
n°07/LDDH/00 avait posé des questions subsidiaires, à
savoir :
" Actuellement,
on peut considérer que ces deux points sont résolus à
savoir : la suspension des hostilités et la libération
des prisonniers civils et militaires par les deux parties.
Au vu de cet
accord cadre, les cinq premiers articles fixent les grandes orientations
des discussions et des négociations. Mais la question fondamentale,
que l'on est en droit de se poser est : " est-ce que le Gouvernement
et le FRUD mèneront à eux deux et à huis clos toutes
les négociations et décideront seuls des réformes
et de la gestion de la chose publique ? "
Est-ce que les
négociations seront des négociations à deux avec
tous les risques du dialogue, au lieu des négociations globales
?
Il est facile
de comprendre que dans une première phase, des négociations
préalables, afin d'approfondir des points spécifiques,
se déroulent uniquement entre le Frud et le Gouvernement, mais,
il serait difficile de comprendre que l'ensemble de l'opposition djiboutienne
qui n'a pas pris les armes soit écarté des discussions,
il serait aussi difficile de comprendre que l'ensemble des négociations
se passent à huis clos sans transparence aucune et débouche
sur des décisions brutales et finales. "
Et , en guise
de conclusion :
La Ligue Djiboutienne
des Droits Humains est convaincue de la nécessité d'une
paix globale qui s'ouvre avec des accords entérinés par
les signataires du Document Cadre et veillera scrupuleusement aux modalités
d'applications des dispositions prises en vue d'accompagner la fin de
l'état de belligérance et le retour à la cohésion
et la concorde civile.
La LDDH est consciente
et soucieuse des difficultés et embûches qui peuvent à
chaque fois surgir. La Ligue déclare qu'à chaque fois,
dans la mesure de ses moyens, elle sera toujours présente pour
accompagner la Paix tant espérée.
La LDDH demande
au Gouvernement de faire plus d'effort durant les négociations
vers une politique d'ouverture démocratique et surtout vers la
réalité d'une Justice indépendante.
Commentaires
actuels.
Neuf mois après,
malgré le black-out des négociations, le seul bilan que
l'on puisse tirer, est que les ''quatre Commissions techniques FRUD-Gouvernement
ont terminé leurs travaux et qu'il ne reste plus que les décisions
du Sommet''.
Impossible, à
l'heure actuelle, de connaître la composition exacte et le rôle,
ainsi que les modalités des prises de décisions de ce
''Sommet''.
Impossible aussi de savoir si ce ''Sommet'' va immédiatement
déboucher sur la nomination d'un Premier Ministre et la formation
d'un Gouvernement.
Impossible de
savoir aussi si, :
1. Le futur Gouvernement entretenu, ces derniers temps, par les médias
gouvernementaux, sera la continuité dans un changement de l'actuel
Gouvernement.
2. Le Premier Ministre aura toujours son rôle figuratif de Premier
parmi les autres Ministres.
3. Si le Président de la République continuera à
s'accrocher aux fonctions de Chef du Gouvernement.
4. Il est bon, à cette occasion, de rappeler les articles 87
et 88 de la Constitution.
Titre X
DE LA REVISION DE LA CONSTITUTION.
Article 87.
L'initiative
de la révision de la Constitution appartient concurremment au
président de République et aux députés.
Pour être
discutée, toute proposition parlementaire de révision
doit être signée par un tiers au moins des membres de l'Assemblée
Nationale.
Le projet ou
la proposition de révision doivent être votés à
la majorité des membres composant l'Assemblée Nationale
et ne deviennent définitifs qu'après avoir été
approuvés par référendum à la majorité
simple des suffrages exprimés.
Toutefois, la
procédure référendaire peut être évitée
sur décision du président de la République ; dans
ce cas, le projet ou la proposition de révision ne sont approuvés
que s'ils réunissent la majorité des deux tiers des membres
de l'Assemblée Nationale.
Article 88.
Aucune procédure
de révision ne peut être engagée si elle met en
cause l'existence de l'Etat ou porte atteinte à l'intégrité
du territoire, à la forme républicaine du gouvernement
ou au caractère pluraliste de la démocratie djiboutienne.
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