Réf : LI/6/01/LDDH
Djibouti, le 27 mars 2001
Lettre ouverte
Au
Directeur de Publication du Journal le Progrès
Organe hebdomadaire d'information du
Rassemblement Populaire pour le Progrès RPP
M. Idriss Arnaoud Ali,
Président de la Commission Permanente de l'Assemblée Nationale
et Secrétaire Général Adjoint du Parti RRP, Parti
au Pouvoir
Monsieur le Directeur de Publication,
Dans un long article,
de la page 10 à 12, du journal " le Progrès "
n° 25 du 25 mars 2001 ayant pour titre (qui se veut insultant mais
pratiquement mesquin) " DAF le fou épistolaire " la
LDDH a été taxée d 'acolyte dans le contexte de
l'hospitalisation du Général Yacin Yabeh à la page
11 du journal le Progrès, reproduit comme ci - après :
Hospitalisation
Selon la loi
n°939 du 24 février 2001, les autorités françaises
à Djibouti ont refusé le 17 février 2001 d'hospitaliser
à l'établissement militaire français de Djibouti
Bouffard, le général Yacin Yabeh Galab alors que la justice
djiboutienne l'avait autorisée. DAF et ses acolytes la LDDH n'ont
pas bronché ! ! ! Ce silence complice trahit leur hypocrisie.
Les djiboutiens qui ne sont pas dupes savent depuis toujours que cette
vermine est manipulée de l'extérieur. Décidément
Abeysso !
Tout d'abord, nous
ne comprenons pas la loi de référence et nous sommes persuadés
que le Président de la Commission Permanente M. Idriss Arnaoud
qui cumule illégalement le poste de Directeur de Publication,
compte tenu du son immunité parlementaire, qui nécessite,
obligatoirement, un Co-directeur ; nous reviendrons ultérieurement
sur les infractions et le non respect des textes législatifs.
Nous sommes donc persuadés que M. Idriss Arnaoud ne manquera
pas de nous apporter sa lueur, car franchement, on se demande de quelle
loi (djiboutienne ou autres) s'agit - elle lorsqu'il affirme que "
selon la loi 939 du 24 février 2001 "
Quant à nous, nous pouvons affirmer et le Président Arnaoud
est tout à fait d'accord avec nous sur le fait que durant la
dernière législature le nombre des lois adoptées,
promulguées et publiées dans le Journal Officiel est loin
d'atteindre le chiffre de 939. Alors de quelle loi s'agit -elle ?
Voyant de plus
près la phase incriminant la LDDH.
" DAF et ses acolytes, la LDDH n'ont pas bronché. "
1) Le petit ROBERT
donne les définitions suivantes :
a) Acolyte : clerc
élevé à l'acolytate, dont l'office est de servir
à l'autel.
V servant.
b) fig. (XVIIe) surtout péj. Compagnon, complice qu'une personne
tient toujours à
sa suite.
a) Broncher : fig.
et litter. Broncher contre, sur (qqch.), buter sur (difficulté)
b) fig. (vx) commettre une erreur ou une faute légère.
c) mod. (XVIIIe), ne pas marcher droit, manquer quelque humeur, quelque
résistance
d) Sans broncher, sans manifester d'opposition.
Grâce à
la lanterne du Petit Robert, certain nombres de questions fondamentales
surgissent d'autant plus que " La Justice djiboutienne l'avait
autorisé ".
Questions fondamentales
à M. Arnaoud
1) Depuis quand
et comment la LDDH est compagnon, complice que DAF traîne toujours
à sa suite ?
2) Pourquoi la LDDH
n'a pas bronché, contre qui et contre quoi devrait-elle
broncher ? La justice a-t-elle informé la LDDH que l'hospitalisation
du général Yacin Yabeh à l'hôpital Bouffard
avait été officiellement ordonnée aux autorités
françaises par le Pouvoir Judiciaire et dans ce cas précis
qu'elle a été la suite réservée au refus
de cette Décision Judiciaire djiboutienne par les autorités
françaises en particulier, les responsables directes de l'hôpital
Bouffard.
3) Est ce que cette
Décision Judiciaire découle - t-elle d'un protocole d'Accord
relatif à la livraison du général Yacin Yabeh entre
les autorités françaises, d'une part, et les autorités
judiciaires djiboutienne, d'autre part.
4) Est ce que cette décision judiciaire lie-t-elle, même
d'une manière subsidiaire, l'évacuation sanitaire en France
du Général Yacin Yabeh à son hospitalisation, préalable
au centre hospitalier des FFDJ de l'Hôpital Bouffard.
C'est sur ces questions que vous ne manquerez pas d'y répondre
que nous terminons notre lettre ouverte et nous vous soumettons juste
pour rappel l'article 16 de la Loi relative à la liberté
de communication, qui stipule : " Lorsque le directeur de publication
jouit d'une immunité, il doit désigner un codirecteur
de publication
"
Il est bon de rappeler,
que le Président de l'Assemblée Nationale M. Said Ibrahim
Badoul avait, en septembre 1999, violé sans vergogne cet article
16 en levant l'immunité parlementaire au Président Moussa
Ahmed Idriss, (avec toutes les lourdes conséquences qui ont suivi)
alors que son codirecteur le général Ali Meidal Wais se
trouvait déjà à Gabode après avoir été
condamné pour les mêmes faits. Ces violations répétées
du Président Badoul sont d'ores et déjà inscrites
dans les mémoires des Défenseurs des Droits de l'Homme.
Alors Monsieur Arnaoud, vous qui représentez le pouvoir législatif,
faites un effort pour le respect des lois en vigueur, en désignant
rapidement un codirecteur de publication qui ne bénéficie
pas de l'immunité, pour votre journal. Mieux vaut tard que jamais
pour prouver votre bonne foi.
Toutefois, nous saisissons cette occasion, pour vous informer que les
organes de Presse en particulier le journal " La Nation "
qui est directement financée par les fonds des derniers publics,
les fonds, des biens sociaux en un mot les fonds du budget de l'Etat
s'obstine à refuser les publications des informations écrites
par la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) sur la situation
des Droits de l'Homme en République de Djibouti.
Le journal "
La Nation " se comporte comme un journal privé appartenant
à une personne ou à un groupe de personne, et bénéficie
d'une impunité sans précédent. En effet, par un
simple imprimé le Procureur de la République a pris la
décision de classer sans suite et en infraction à la Loi
Organique n°2/AN/92/2El du 15 septembre 1992, bafouant ainsi le
droit de citation directe de la LDDH.
En effet, suite
la plainte de la LDDH auprès du Tribunal Correctionnel, consécutive
au refus d'insérer dans " La Nation " le droit de réponse
de la LDDH par le Secrétaire Général de l'Information
en tant que Directeur de la Publication du journal " la Nation
", cette plainte a été classée sans suite
et sans motif, par le Procureur de la République en violation
à l'application de l'article n°70 de la Loi relative à
la liberté de communication qui stipule :
"1°) le
directeur de la publication d'un quotidien est tenu d'insérer
dans les quarante-huit heures suivant sa réception, la réponse
de toute personne nommée ou désignée dans la publication.
2°) En ce qui
concerne les organes de presse non-quotidien, la réponse doit
être publiée dans le numéro qui suit le lendemain
de la réception.
3°) Est assimilé
au refus d'insertion le fait de publier une édition spéciale
d'où est retranchée la réponse que le numéro
correspondant du journal était tenu de reproduire.
Le Tribunal se prononcera
dans les dix jours de la citation sur la plainte au refus d'insertion.
Il pourra décider que le jugement ordonnant l'insertion sera
exécutoire sur minute nonobstant opposition ou appel. S'il y
a appel, il y sera statué dans les dix jours suivant la déclaration
faite en greffe.
Il est légitime
de se demander les raisons de cette décision non justifiée
et illégale du Procureur de la République, décision
qui ne peut que confirmer à notre égard la privatisation
in facto du journal " La Nation " par un groupe mais qui perçoit
toujours et encore les fonds des contribuables djiboutiens.
Monsieur le Directeur
de Publication du Progrès il vous appartient à double
titre de méditer et de mettre en application vos propos contre
la corruption ou les détournements des fonds publics lors de
votre participation aux Etats généraux de la Justice en
novembre dernier, où vous aviez directement mis en cause les
juges djiboutiens.
Toujours dans le
cadre de la Justice la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH)
est disposée à participer aux travaux de sensibilisation
pour la ratification de la Cour Pénale Internationale et en conformité
aux déclarations du Président de la République
au Sommet des Nations Unies, à New York, l'année dernière.
Monsieur le directeur,
il ne faudrait à aucun moment, considérer notre disponibilité
comme une forme d'acolyte. La LDDH défend les droits de l'Homme
et ne peut, donc, en aucun cas être l'acolyte de quelqu'un.
Avec mes sentiments déférents
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