LA
LIGUE DJIBOUTIENNE DES DROITS HUMAINS
L.D.D.H
LI
n°33/LDDH/2000
du 21septembre 2000
Lettre Ouverte
Au
Ministre de la Justice , chargé des Droits de l'Homme.
"
nous devons activer et utiliser de toute urgence le nouveau
Tribunal Pénal International ( TPI )
" Extrait de
l'allocution du Président de la République.
Pour la concrétisation de l'important discours, sur les Droits
de l'homme, prononcé par le Président de la République
à la récente Assemblée Générale des
Nations Unies.
Concrétisation , urgente et nécessaire , par l'adoption
de la Loi portant Ratification du Statut de la Cour Pénale Internationale
.
Monsieur le Ministre
, la Diffusion d'Information n° 6/LDDH/00 du 10 septembre 2000 ,
a clairement déterminé les objectifs de la LDDH en reproduisant
une partie du Statut de Rome sur la Cour Pénale Internationale
( CPI ) .
Cette partie
du Statut de la CPI s'avère importante grâce à ses
définitions très précises . Les objectifs , visés
par la Diffusion d'Information ci-dessus sont exposés de cette
manière :
" Nous avons décidé de reproduire intégralement
, le chapitre II du Statut de la Cour Pénale Internationale ,
qui se ventile sur XIII chapitres pour les raisons suivantes :
1) Pour renforcer les préoccupations du Président de la
République de Djibouti, et notamment pour appuyer son discours
à New-York en faveur de la Cour Pénale Internationale.
2) Pour faciliter la propagation et la compréhension de la Cour
Pénale Internationale à travers les mass-média
et en particulier à travers le bulletin de l'ARDHD qui est bien
consulté ici à Djibouti.
3) Pour encourager les Décideurs djiboutiens , notamment l'ensemble
des membres de l'Assemblée Nationale , à ratifier le Statut
de la Cour Pénale Internationale dont le Gouvernement ainsi que
les délégués djiboutien , avaient dès le
début participer à sa conception et activement à
sa signature à Rome ".
Monsieur le Ministre
, il est difficile ,aujourd'hui , de rester les bras croisés
devant les abus de pouvoir , devant les tortures morales , physiques
, psychiques, à moins d'être un criminel car c'est un crime
contre l'humanité. Il est vraiment impossible, aujourd'hui, de
se taire face aux génocides , à moins d'être un
complice et un criminel car c'est un crime contre l'humanité.
Il est inadmissible , aujourd'hui ,de regarder et de ne pas voir les
atrocités sur la personne humaine à moins d'être
un associé et un criminel car c'est un crime contre l'humanité.
IL est inconcevable , aujourd'hui, de rester sourd aux misères
de son peuple à moins d'être un voleur et un criminel car
c'est un crime contre l'humanité.
Monsieur le Ministre
, au delà des discours , les actes sont désormais nécessaires
, ici et maintenant.
A cette aune , demeurer au stade du discours présidentiel devant
les sommités internationales au siège de l'ONU à
New-York serait plus qu'un mensonge , ce serait un crime contre l'humanité.
Monsieur le Ministre
, face à ces préoccupations et afin de faire sortir notre
pays du cycle infernal de la répression par le biais et les outils
d'une Cour Pénale Internationale dissuasive , persuasive et préventive
, la LDDH renouvelle encore et toujours sa profonde volonté de
vous aider à faire progresser rapidement et avec objectivité
et efficacité tous les droits fondamentaux dans le strict respect
de la personne humaine.
C'est dans cet esprit que la LDDH vous soumet les propositions suivantes
:
Propositions
et Méthodes pour la Ratification du Statut de la Cour Pénale
Internationale .
Certes,
tous ceux et celles qui ont suivi de près ou de loin, se rappellent
parfaitement des efforts louables du courageux avocat, l'inébranlable
djiboutien Défenseur des Droits de l'Homme Maître Aref,
ainsi que les autres délégués, hauts fonctionnaires
et le représentant du Gouvernement, qui de Dakar à Rome
ont accompagné inlassablement la mise sur pied du Statut de la
Cour Pénal Internationale. Les djiboutiens en sont fiers.
Pour les accords
relatifs aux organisations internationales, il est bon de rappeler le
1er alinéa de l'article 63 de la Constitution du 4 septembre
1992 stipule :
" Les traités
de paix, les traités de commerce, les traités ou accords
relatifs aux organisations internationales, les traités qui engagent
les finances de l'Etat, ceux qui sont relatifs à l'état
des personnes, ceux qui comportent cession, échange ou adjonction
de territoire ne peuvent être ratifiés ou approuvés
qu'en vertu d'une loi ".
L'expérience
des rouages de l'Administration nous a appris que le problème
rédactionnel des textes internationaux est complètement
résolu une fois que le chef de l'Etat ou son représentant
a apposé sa signature.
Le Ministère
concerné en diapason avec le Ministère des Affaires Etrangères
soumettent au Conseil des Ministres un projet de Loi portant sur la
ratification des accords, au préalable, intervenus entre le Gouvernement
et l'Autre Partie.
D'ailleurs l'article
89 du Règlement Intérieur fixe nettement la procédure
à suivre en cas de ratification ; Cet article stipule :
1. Lorsque l'Assemblée
est saisie d'un projet de loi autorisant la ratification d'un traité
ou l'approbation d'un accord international non soumis à ratification,
il n'est pas voté sur les articles contenus dans ces actes et
il ne peut être présenté d'amendement.
2. L'Assemblée
conclut à l'adoption, au rejet ou à l'ajournement du projet
de loi. L'ajournement peut être motivé.
3. Toute ratification
d'un traité ou toute approbation d'un accord international ne
peut être voté qu'en séance plénière.
En résumé
La méthode à suivre est la même que celle de tous
les projets de ratification, que le Gouvernement régulièrement
transmettait à l'Assemblée Nationale à savoir :
-
Adoption par le Conseil des Ministres du projet de Loi sur la ratification.
- Transmission à l'Assemblée Nationale après adoption
de ce projet de Loi par le Conseil des Ministres.
- Etudes de ce projet de Loi sur la ratification par les députés
puis adoption ou rejet en séance plénière et ceci
sans débat.
A
notre avis, pour accorder une attention particulière et pour
prouver l'urgence et le bien fondé de la décision présidentielle
sur le Tribunal Pénal International, il serait souhaitable qu'une
Session Extraordinaire de l'Assemblée Nationale soit provoquée.
Monsieur le Ministre, l'équipe de la LDDH est à votre
entière disposition, elle est aussi à l'entière
disposition des membres de l'Assemblée Nationale, s'ils le désirent,
afin de leur soumettre plus amples informations sur la Justice internationale.
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