LIGUE
DJIBOUTIENNE DES DROITS HUMAINS (LDDH)
Note
d'information N° 8/LDDH/00 du 23 mai 2000
sur les restrictions imposées aux journalistes de la Presse internationale
et en particulier ceux de la BBC
BUSH HOUSE, nous
fait penser à l'appel du Général de Gaulle pour une
France libre, Bush House, s'était crée une mage de marque
grâce à son combat contre la dictature nazi, contre le génocide.
Mais actuellement
les djiboutiens se posent un certain nombre de questions lorsqu'ils écoutent
l'émission de la BBC SOMALI SECTION.
Les djiboutiens se
posent beaucoup de questions lorsqu'ils voient les journalistes de la BBC
dans les véhicules mis à leur disposition par le Ministre
de l'Information et conduites par des chauffeurs patentés aux service
la police parallèle.
Pour une fois, un
journaliste de la BBC qui est venu pour couvrir, au compte de la BBC, les
travaux à Arta sur la Réconciliation somalienne a outrepassé
les habitudes "de soumission" de certains journalistes de cette
émission internationale en Somali ou plus exactement les conditions
imposées pour qu'ils puissent couvrir leur émission sans se
faire expulser et embarquer dans le premier vol.
Quelles sont ces
conditions minimales ?
Interdiction de prendre
des taxis. Seuls les véhicules mis à la disposition du journaliste
étranger par le Ministère de la Communication seront utilisés
durant son séjour à Djibouti.
Il faut qu'il soit
toujours accompagné par un ou deux fonctionnaires en plus du chauffeur,
Toutes les dépêches
à destination de la direction générale de la BBC dont
dépend le journaliste doivent obligatoirement être vérifiées
par un responsable du département de la communication gouvernementale
djiboutienne avant son envoi.
Interdiction de prendre
des contacts avec les membres de l'Opposition, des membres des Syndicats
libres et même leurs homologues de la Presse Libre à Djibouti,
Après le départ
précipité avant même la fin de sa mission, (le journaliste
de la BBC) mission qui consistait à couvrir librement la Conférence
somalienne à Arta, un autre journaliste est venu pour trois jours
afin "de lancer des fleurs" et en insistant surtout sur "le
redressement économique notoire" depuis 1998. Ce second journaliste
du nom d'Aden NOUH a cru nécessaire de négliger les fonctionnaires
de l'Etat, passant sous silence le fait que ces derniers n'avaient pas perçu
leurs salaires de l'année 2000, c'est à dire depuis janvier
2000 !
Si c'est simplement
pour faire les éloges du Pouvoir djiboutien notre seul conseil à
la Direction de la BBC BUSH HOUSE est d'économiser son argent et
de se contenter uniquement de la version officielle djiboutienne de son
représentant permanent à Djibouti qui cumule en même
temps (et il va de soi) des fonctions de haut responsable au Ministère
de la Communication et journaliste préféré pour ne
pas dire particulier du Président - Chef du Gouvernement djiboutien.
La Ligue Djiboutienne
des Droits Humains demande au Gouvernement de respecter la Liberté
de la Presse et le droit d'aller et de venir en particulier pour les envoyés
de la Presse internationale dans notre pays.
Il est temps que
la BBC section Somalie redresse son image de marque sur la Liberté
de la Presse en conservant sa liberté de diffusion et sa liberté
de recherche de l'information.
NB : Des auditeurs
djiboutiens ont apprécié le reportage sur le rebondissement
de l'affaire du Café de Paris dans l'émission en langue française
de la BBC le mercredi 17/05/2000 à 21 h 20. Cette émission
si elle avait été transmise en langue Somali aurait, au moins,
soulagé moralement ceux qui souffrent encore des séquelles
des tortures infligées lors de l'enquête sur ce qu'on appelle
"la piste gadaboursi du Café de Paris" fausse piste qui
a malheureusement provoqué la persécution de toute une fraction
de Gadaboursi.
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