LIGUE
DJIBOUTIENNE DES DROITS HUMAINS (LDDH)
NOTE
D'INFORMATION N°21/LDDH du 2 Août 2000
Rien
ne va plus à Arta
3 Mois après ?
C'est
la faute à
? l'absence de transparence, l'absence d'observateurs
des Défenseurs des Droits de l'Homme, l'absence des journalistes
pour la couverture internationale des Mass-Média.
C'est la faute inévitablement à la Discrimination Ethnique
et/ou Tribale.
I. Rappel des informations de la LDDH
Pratiquement
un mois après l'ouverture solennelle du 2 mai 2000 de la Conférence
Nationale de la Réconciliation somalienne, la Ligue Djiboutienne
des Droits Humains avait émis une Note d'Information pour encourager
l'ouverture des informations aux mass-médias sur le déroulement
des discussions en cours à Arta. La Ligue djiboutienne a émis
des observations et a repris ainsi des versions de certaines personnalités
somaliennes.
Il est bon à
notre avis de reprendre quelques passages des deux Notes d'Informations
et de la Diffusion d'Information de la LDDH sur la problématique
somalienne et ceci sans commentaire.
- Pas un seul
débat, pas un seul aperçu sur les prises des Décisions,
encore moins, des résumés des points forts des travaux
de cette Conférence.
- Pire encore, le partage (imposé ou accepté) est strictement
basé sur une nouvelle nomenclature tribale composée de
cinq grandes branches qui déterminent et répertorient
les tribus les plus importantes.
- Cette nouvelle nomenclature est certainement très originale,
mais quant à son efficacité ou tout au moins sa viabilité,
alors ? That is the question !
L'objectif de
cette Conférence est d'instaurer à nouveau les structures
d'un Etat somalien avec la nomination des membres d'un Parlement, d'un
Président de la République par un " Grand électeur
" lui même choisi par des dirigeants coutumiers tels que
les Ugaas, Salaadin, Bogor, Imans, Mahagyad, Wabarro etc
C'est
ainsi qu'à la Conférence à Arta, après un
symposium des intellectuels de tout horizon qui s'était tenu
dans la capitale, la première phase des discussions et des contacts
a eu lieu à Arta. Dès le début, les organisateurs
djiboutiens nous ont informé, que pour cette première
phase, les conférenciers seront composés par des dirigeants
coutumiers.
L'appel du Président djiboutien devant l'Assemblé Générale
des Nations - Unies n'était pas sans fondement. Car le Président
a réactualisé les problèmes somaliens devant la
Communauté Internationale, ce qui est une bonne chose en soi.
Ainsi la tenue de la 1ère Conférence de la sensibilisation
sur l'état actuel de la Somalie était également
un succès malgré, que le gouvernement Djiboutien n'a pas
tenu compte des recommandations des sages et des intellectuels réunis
à cet effet à la Maison du Peuple à Djibouti-ville.
Il n'échappe
à personne que la tenue de la 1ère phase de la Conférence
de Réconciliation Nationale somalienne à Arta a été
trop prématurée et hâtive. Malgré cela, la
Conférence a permis quand même de se rencontrer, de se
consulter, d'échanger des points de vue, même si toutes
les différentes tribus ou sous- tribus qui composent la Nation
Somalis ne sont pas d'accord sur le fond des problèmes du moins
dans sa gestion.
Pour éviter
tout retournement de situation, pour éviter toute fuite en avant,
dangereuse et destructive, des dirigeants et hommes politiques somaliens
non présents à la Conférence d'Arta. Dans ce souci,
il faut éviter de considérer le résultat d'Arta
comme déstabilisateur des régions qu'ils détiennent,
il faut éviter que les premiers succès ou demi-succès
soient radicalement transformés en échec, qui provoquerait
inéluctablement un nouveau bain de sang dont le peuple somalien
en particulier, les personnes les plus fragiles et les populations civiles
fragilisées seront malheureusement les premières victimes.
Donc, pour éviter
tout cela, n'est -il pas possible et sage de prévoir une troisième
phase, dans les mois qui suivent, cette Conférence. Cette troisième
phase permettra à tous les délégués de rentrer
chez eux, de prendre du " recul " pour mieux se préparer
et préparer les autres, leurs compatriotes, de prendre leur bâton
de pèlerin et d'entamer une campagne d'explications, de concertations,
de sensibilisations, bref, une campagne auprès de leur peuple
pour une adhésion globale à la paix et à la concorde
civile entre tous les somalis.
Cette solution,
de reporter à une troisième phase les travaux des élections,
est à notre avis la plus sage, et la plus réaliste.
Sur l'Appel du
coprésident de la Conférence de Presse du Vendredi 27
juin 2000 (Diffusion n°3)
Cet appel du
coprésident de la Conférence somalienne d'Arta est d'une
importance capitale.
La LDDH souhaite
vivement que toutes les propagandes et /ou tentatives de soulèvement
voir même de déstabilisation cessent le plus rapidement
possible.
La LDDH souhaiterait
qu'une attention particulière soit accordée aux zones
ou la paix et la sécurité sont réelles, tels que
le Somaliland et le Puntland et demande une mobilisation internationale
pour que ces zones de paix bénéficient d'un plan Marshall
à l'échelon des ONG afin qu'ils puissent accéder
à la restructuration de toutes les
infrastructures de constructions et mieux se consacrer à leur
développement et servir d'exemple aux zones encore en guerre.
En résumé :
Grosso
modo, il ressort du rappel des informations de la Ligue Djiboutienne
des Droits Humains.
1°) Que le silence le plus absolue entoure cette Conférence
somalienne à Arta, notamment au niveau des mass-médias
2°) Que le
partage de la première phase s'est strictement basé sur
une nouvelle nomenclature tribale composée de cinq branches qui
déterminent et répertorient les tribus les plus importantes.
(Par nouvelle nomenclature tribale, il faut entendre par là,
un nouveau regroupement avec des nouvelles appellations des grandes
tribus somaliennes).
3°) Que l'objectif
principal de cette Conférence est celui d'instaurer les structures
d'un Etat somalien avec la nomination des membres d'un Parlement, d'un
Président de la République et de l'adoption d'une Charte
Provisoire.
4°) Que les
membres de la première phase étaient composés par
des dirigeants coutumiers issus des cinq branches tribales.
5°) Que
la première phase de la Conférence somalienne doit être
considérer
comme un succès.
6°) Que, néanmoins, afin d'éviter à ces premiers
succès de se transformer radicalement en échecs, qui provoqueraient
inéluctablement un nouveau bain de sang du peuple somalien, que
les personnes les plus fragiles (vieillards, femmes, enfants) seraient
malheureusement les premières victimes.
7°) Que la
LDDH a proposé de reporter les travaux des élections à
une troisième phase de cette même13ème Conférence
somalienne.
II.
Situation bloquée depuis quelques jours.
Le premier hic
a été signalé par la déclaration d'un Chef
coutumier le 18 Juin 2000 à travers les antennes de la BBC, dénonçant
le fait que sa tribu était minimisée dans le calcul des
répartitions parmi les Dirs tout en annoncant le retrait de sa
délégation.
Le deuxième
" clash " a été perçu lors de la déclaration
sur les ondes de la BBC d'un chef coutumier qui dénonçait
le retrait de sa délégation et proposait que
la répartition des sièges du Parlement doit se faire comme
depuis l'Indépendance en 1960 sur le critère des choix
par région pour les élections des parlementaires, et non
sur des choix tribaux.
Ces deux positions
différentes dans leur principe ont pourtant un point commun,
celui des risques de la tribalisation avec tous les dangers qu'elle
représente.
Le blocage de
cette situation, a débuté le mardi 25 Juillet 2000 et
perdure encore.
a)
Réactions
BBC le 30/07/00
Rien n'est encore entamé sur la construction d'un Parlement et
d'un gouvernement. Jusqu'à présent l'approbation n'a pas
eu lieu. Le calendrier paru il y a une dizaine de jours ne fonctionne
pas, et la date du 30 juillet pour la cérémonie de clôture
qui avait été fixée avant, pour la constitution
d'un gouvernement, est reportée. Les différentes grandes
tribus n'ont pas encore défini, la composition des parlementaires
liée à la constitution d'un Gouvernement. Il existe des
gens hostiles sur la répartition fixée à l'ensemble
des différentes tribus des sièges du parlement et d'autres
sont mécontents de la répartition fixée des sièges
au sein même de leur tribu
.
.
Sur les raisons du retard de la Conférence, certaines personnes
disent qu'il y a un manque total de confiance au sein de chaque tribu
.
.Chaque délégué se trouvant à Djibouti
souhaite et veut un siège parlementaire
,
Le
journal de l'Etat, " La Nation du 31 Juillet 2000
"
Nous sommes satisfaits des éclaircissements de l'Egypte qui ont
dissipé tout malentendu "
Le président de la Conférence de paix pour la Somalie,
M. Hassan Abshir Farah, a déclaré samedi que " les
membres du Bureau de la Conférence sont satisfaits des éclaircissements
de l'Egypte qui ont dissipé tout malentendu " à l'issue
d'un entretien de plus de 2 heures avec la délégation
égyptienne qui séjourne actuellement à Djibouti
.
Cet
article sur le malentendu entre l'Egypte et les conférenciers
somaliens était illustré par une photo entre d'une part
la délégation égyptienne et d'autre part les membres
du Bureau. Chose incongrue la photo, montre nettement le Président
de la Conférence Hassan Abshir, entouré à sa gauche
par le Ministre des Affaires Etrangères djiboutien Monsieur Ali
Abdi et à sa droite par l'Ambassadeur de Djibouti au Yémen.
C'est à se demander quel est leur rang au sein du Bureau des
membres de la Conférence Nationale Somalienne ?. Sont - ils respectivement
co-Président et Secrétaire du Bureau ?. Où est
- ce une démonstration et/ou une confirmation de l'ingérence
des Autorités djiboutiennes dans la négociation inter
- somalis ?.
III.
Questions que bon nombre de personnes se posent.
1°) Est-ce
que la composition des parlementaires qui seront désignés
à Arta, ne va-t-elle pas être modifiée en partie
dès le retour dans leur pays, où sera-t-elle définitive
et inamovible pendant la période de transition ?
2°) Si la répartition parlementaire se fait sur une base
tribale, il est donc logique, pour être réélu qu'un
ou des député (s) de s'organiser en créant de leur
propre parti, essentiellement composé par des membres de sa ou
de leur tribu. La création d'un Parti tribal avec tous ses aspects
et méfaits du racisme n'est - elle pas en contradiction aux principes
des Droits de l'Homme et du combat universel contre les racismes?.
3°) Est -
ce vrai que des discussions ont porté sur la présence
des unités blindés de l'armée ethiopienne à
Baidoia depuis, semble - t - il, plus de deux ans ?.
4°) Quels
sont les dispositions qui ont été programmées et
approuvées pour éviter au peuple somali toute effusion
de sang lors de l'application des décisions et des élections
issues de la Conférence d'Arta ?.
5°) Est
- ce que les Conférenciers somalien à Arta se sont engagés
à respecté les engagements internationaux sur les Droits
de l'Homme notamment les Conventions internationales comme celles sur
le racisme et sur la torture ? et dont l'année d'entrée
en vigueur de chaque Convention pour le cas de la Somalie est la suivante
:
- 1975 La Convention
internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination
raciale dont l'organe de surveillance est le Comité pour l'Elimination
de la Discrimination Raciale (CERD)
- 1990 La Convention
contre la torture et d'autre peines ou traitements cruels, inhumaines
ou dégradants dont l'organe de surveillance est le Comité
Contre la Torture (CAT). (Nous vous choisissons quelques passages sur
ces deux Conventions reproduits en annexe)
IV.
Recommandation de la LDDH sur l'aspect humanitaire.
Qaabil iyo Karan isma qaadi karaan
( Tribu et Nation
ne peuvent pas se supporter)
a) Bréves rappels des faits
Discours du Président
à New-York, aux allures improvisées sans consultations
préalables, sans préparation approfondie. Discours aux
résonances internationales contenant des erreurs d'appréciation
politique et d'un mot malencontreux à l'égard des "
seigneurs de guerre "
Le processus
du déroulement de la Conférence n'avait pas été
projeté, il était sans calendrier, sans études
préalables, sans programme politique, sans information médiatisée
sur les grandes lignes des discussions ; mises à part les objectifs
fixés et à réaliser absolument dans les plus bref
délais (Parlement, Président, Gouvernement)
b) Discrimination ethnique et/ou tribale
Avant de vous
soumettre les recommandations de la LDDH, il nous parâit nécessaire,
de se demander pourquoi subitement un hic et l'incompréhension
s'est abattue sur les négociations d'Arta ?. Seuls, des Conférenciers
Somaliens, peut être
après cette Conférence, d'une manière publique,
objective, et avec honnêteté intellectuelle, pourront décrire
les travaux de cette Conférence avec tous les tenants et aboutissants.
L'Histoire du
démantèlement du peuple frère somali, ses origines
et ses effets nous sera, peut-être un jour non lointain, retracé
avec l'il d'un historien somalien, sans passions, ni partie pris,
avec la précision d'un mathématicien, après avoir
effectué des recherches avec rigueur et froideur d'un médecin
dans le diagnostic de tous les paramètres qui ont entraîné
l'affrontement des structures de l'Etat Somali avec toutes les souffrances
incommensurables pour la population.
Une chose est
sûre, c'est que le fléau qui continue à ravager
le peuple somalien est essentiellement la discrimination ethnique et/ou
tribale, aggravée ces derniers décennies par le cancer
de la corruption
C'est sur le
refus de ce fléau de la discrimination ethnique et/ou tribale
que sera déterminé nos recommandations.
La discrimination
ethnique et/ou tribale, n'a aucun, vraiment aucun aspect positif. Une
politique basée sur cette discrimination ne peut que conduire
vers le chaos. Le peuple somali en est conscient, et il doit avoir le
courage de s'en débarrasser.
Mais quelle alternative
lui soumettre ? quel genre de société durant cette période
de mutation lui faut-il ?
Il est hélas
difficile d'y répondre mais il est possible d'obtenir des approches
à travers différents forum qui se tiendraient régulièrement
et un peu partout dans les Territoires Somalis.
En République
de Djibouti, la Constitution la Loi sur les Partis, sur la liberté
de Communication, toutes les Lois et Textes réglementaires sont
à notre avis, presque parfait. Mais quant à leur application
? quel fiasco !
Ici à
Djibouti, nous connaissons tous très bien que pour légaliser
et légitimer les Partis Politiques de l'Opposition et les Syndicats,
il suffit :
1°) D'une
petite poignée d'hommes dissidents qui déclarent que ces
Partis sont des Partis de l'Opposition et que ces Syndicats sont des
Syndicats libres, mais toutes ces déclarations doivent être
immédiatement assorties d'une Motion de soutien à son
Excellence le Président de la République.
2°) Il n'est
pas nécessaire d'informer le Ministère de l'intérieur.
Seul suffit un simulacre de Congrès au Sheraton et médiatisé
par les Mass-Médias du Gouvernement. Une fois les formalités
" Sheraton - RTD " remplies, la Justice " n'a plus droit
à la parole ". Tout est légal comme çà.
Certes cette
réalité dans notre pays, n'est pas du tout applicable
à nos frères somaliens qui ont d'autres urgences à
régler. Nous sommes convaincus qu'après ces dures et sanglantes
réalités franchis, que les hommes politiques somalis et
les travailleurs somalis sauront bâtir leur avenir sans politique
dictatoriale, sans discrimination ethnique et/ou tribale.
Les mots "
légalisé et légitimé " nous amènent
à nous poser des questions fondamentales :
1°)
Les membres du Parlement, le Président, les membres du Gouvernement
et toutes les autres instances dont les membres seront désignés
à Arta vont - ils se contenter de la " légalisation
" par les mass - médias des pays étrangers en l'occurrence
ceux de la République de Djibouti,
pays d'accueil mais quand même pays étranger et souverain
sur le plan international. Sur quel base juridique internationale découle
cette légalisation ?
2°) Sur
quel principe, sur quelle convention ou disposition internationale,
sur quoi et sur qui la légitimité des élections
du grand Electeur des 1200 somaliens à Arta va-t-elle s'appuyer
?.
3°) Qui
pourra appuyer et reconnaître des élections qui officialisent
et se déroulent sur les critères de la Discrimination
ethnique et/ou tribale ?
c) La Recommandation
proprement dite.
La Ligue Djiboutienne des Droits de l'Humains (LDDH) est consciente
et convaincue que :
1°) Malgré
la Constitution Somalie de 1960 le déchirement du tissu social
a commencé et a été déclenché par
une gestion discriminatoire des Affaires de l'Etat divisant les populations
somaliennes par tribus, sous-tribus etc
Cette politique
de division des différents gouvernements somalis s'est amplifiée
au fil des ans, atteignant le seuil intolérable et dangereux,
avec toutes les conséquences désastreuses engendrées
par les conflits armées inter - tribaux depuis deux décennies
et qui perdurent encore dans le sud de la Somalie.
2°) Que
la division et les discriminations inter - tribaux sont les premiers
fléaux qui ont ravagé le peuple somali et ont totalement
détruit toutes les structures étatiques.
La Ligue Djiboutienne
des Droits Humains (LDDH) se félicite et encourage
1°) Les efforts et le soutien inconditionnels et indéfectibles
du peuple djiboutien à la volonté constante du peuple
frère somali pour la paix, la concorde civile, à sa légitime
aspiration de se retrouver au sein du concert des Nations - Unies, à
son désir ardent de participer librement et activement au développement
social, économique culturel de sa Nation.
2°) L'élan
sincère de tous les participants somaliens à réaliser
une réelle réconciliation entre tous les somalis.
3°) Les
travaux qui se déroulent dans des domaines précis et qu'il
est de notre devoir à considérer comme constructifs et
positifs.
La Ligue Djiboutienne
des Droits Humains (LDDH) approuve globalement les efforts fournies
par la partie djiboutienne en particulier ceux des membres du Comité
djiboutien.
La Ligue Djiboutienne
des Droits Humains (LDDH) malgré que tous les dossiers djiboutiens
soient en veilleuses depuis treize mois, ne manquera pas d'encourager
le Chef de l'Etat à continuer ces efforts louables pour que la
Réconciliation intersomalienne se réalise sans effusion
de sang.
La
Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) lance un Appel pressant
à tous les Défenseurs des Droits de l'Homme pour qu'ils
soient en Alerte et se mobilisent contre toutes les formes de discriminations
ethniques et/ou tribales en Somalie et que la Convention signée
par l'Etat Somali en 1975 soit respectée lors des déroulements
de toutes les élections législatives et Présidentielles.
Que les Défenseurs des Droits de l'Homme se préparent
à intervenir énergiquement à toutes les tentatives
et toutes les actions tendant à entretenir ou provoquer des effusions
de sang inter - ethniques et/ou tribales.
___________________________________________________________________________
Annexe
I.
Convention sur l'élimination
de toutes formes de discrimination raciale.
Tout d'abord nous allons vous reproduire quelques articles sur le racisme
pour nous permettre à mieux saisir ce phénomène
qui détruit l'existence même d'une société
humaine.
Sur la Convention
Internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination
racial du 21 décembre 1965 et dont l'organe de répression
du Comité pour l'Elimination de la Discrimination Raciale (CERD)
a été mise en application le 4/01/1969.
Considérant que la Charte des Nations Unies est fondée
sur les principes de la dignité et de l'égalité
de tous les êtres humains, et que tous les Etats Membres se sont
engagés à agir, tant conjointement que séparément,
en coopération avec l'Organisation, en vue d'atteindre l'un des
buts des Nations Unies, à savoir : développer et encourager
le respect universel et effectif des droits de l'homme et des libertés
fondamentales pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langue
ou de religion.
Considérant
que la Déclaration universelle des droits de l'homme proclame
que tous les êtres humains naissent libres et égaux en
dignité et en droit et que chacun peut se prévaloir de
tous les droits et de toutes les libertés qui y sont
énoncés, sans distinction aucune, notamment de race, de
couleur ou d'origine nationale,
Ce préambule
expose succinctement la philosophie de la Convention. Il exprime la
conviction :
a) " que
toute doctrine de supériorité fondée sur la différenciation
entre les races est scientifiquement fausse, moralement condamnable
et socialement injuste et dangereuse "
b)" que rien ne saurait justifier, où que ce soit, la discrimination
raciale, ni en théorie ni en pratique ".
c)" que l'existence de barrières raciales est incompatible
avec les idéaux de toutes société humaine "
; et il réaffirme " que la discrimination entre les êtres
humains pour des motifs fondés sur la race, la couleur ou l'origine
ethnique est un obstacle aux réalisations amicales et pacifiques
entre les Nations et est susceptible de troubler la paix et la sécurité
entre les peuples ainsi que la coexistence harmonieuse des personnes
au sein d'un même Etat.
Considérant
que tous les hommes sont égaux devant la loi et ont droit à
une égale protection de la loi contre toute discrimination et
contre toute incitation à la discrimination,
Article premier
Dans la présente
Convention, l'expression " discrimination raciale " vise toute
distinction, exclusion, restriction ou préférence fondée
sur la race, la couleur, l'ascendance ou l'origine nationale ou ethnique,
qui a pour but ou pour effet de détruire ou de compromettre la
reconnaissance, la jouissance ou l'exercice, dans des conditions d'égalité,
des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans les
domaines politique, économique, social et culturel ou dans tout
autre domaine de la vie publique.
Dans son ensemble
la Convention a essentiellement été l'uvre de l'Assemblée
générale elle-même, en consultation avec divers
autres organes. L'article premier définit l'expression "
discrimination raciale " d'une manière large, comme s'appliquant
à " toute distinction, exclusion, restriction ou préférence
fondée sur la race, la couleur, l'ascendance ou l'origine nationale
ou ethnique, qui a pour but ou pour effet de détruire ou de compromettre
la reconnaissance, la jouissance ou l'exercice, dans des conditions
d'égalité, des droits de l'homme et des libertés
fondamentales
". Il est cependant précisé que
la Convention n'interdit pas les distinctions entre ressortissants et
non-ressortissants.
Article
deux
1. Les Etats
parties condamnent la discrimination raciale et s'engagent à
poursuivre par tous les moyens appropriés et sans retard une
politique tendant à éliminer toute forme de discrimination
raciale et à favoriser l'entente entre tous les races, et, à
cette fin :
a) Chaque Etat
partie s'engage à favoriser, le cas échéant, les
organisations et mouvements intégrationnistes multiraciaux et
autres moyens propres à éliminer les barrières
entre les races, et à décourager ce qui tend à
renforcer la division raciale.
En effet, le paragraphe :
Au paragraphe
1 de l'article2, les Etats parties " condamnent la discrimination
raciale et s'engagent à poursuivre par tous les moyens appropriés
et sans retard une politique tendant à éliminer toute
les forme de discrimination raciale et à favoriser l'entente
entre toutes les races ". Ils s'engage en particulier à
" prendre des mesures efficaces pour revoir les politiques gouvernementales
nationales et locales et pour modifier, abroger ou annuler toute loi
et toute disposition réglementaire ayant pour effet de créer
la discrimination raciale ou de la perpétuer là où
elle existe " et " à
favorise, le cas échéant, les organismes et mouvements
les barrières entre les races ; et à décourager
ce qui tend à renforcer la division raciale ".
Article
quatre
Les Etats parties
condamnent toute propagande et toutes organisations qui s'inspirent
d'idées ou de théories fondées sur la supériorité
d'une race ou d'un groupe
de personnes d'une certaine couleur ou d'une certaine origine ethnique,
ou qui prétendent justifier ou encourager toute forme de haine
et de discrimination raciales
; ils s'engagent à adopter immédiatement des mesures positives
destinées à éliminer toute incitation à
une telle discrimination, ou tous actes de discrimination, et, à
cette fin, tenant dûment compte des principes formulés
dans la Déclaration Universelle des droits de l'homme et des
droits expressément énoncés à l'article
5 de la présente Convention, il s'engagent notamment :
c) A ne pas permettre
aux autorités publiques ni aux institutions publiques, nationales
ou locales, d'inciter à la discrimination raciale ou de l'encourager.
C'est ainsi
qu'à l'article 4 les Etats parties " condamnent toute propagande
et toutes organisations qui s'inspirent d'idées ou de théories
fondées sur la supériorité d'une race ou d'un groupe
de personnes d'une certaine couleur ou d'une origine ethnique, ou qui
prétendent justifier ou encourager toute forme de haine et de
discrimination raciales ; ils s'engagent à adopter immédiatement
des mesures positives destinées à éliminer toute
incitation à une telle discrimination, ou tous actes de discrimination
". Les Etats parties sont notamment tenus de " déclarer
délits punissables par la loi toute diffusion d'idée fondées
sur la supériorité ou la haine raciale, toute incitation
à la discrimination raciale, ainsi que tous actes de violence,
ou provocation à des tels actes, dirigés contre tous race
ou tout groupe de personnes d'une autre couleur ou d'une autre origine
ethnique, de même que toute assistance apportée à
des activités " et d' " interdire les organisations
ainsi que les activités de propagande organisée et tout
autre type d'activité de propagande qui incitent à la
discrimination raciale et qui l'encouragent " ; de " déclarer
délit punissable par la loi la participation à ces organisations
ou à ces activités " ; et de " ne pas permettre
aux autorités publiques ni aux institutions publiques, nationales
ou locales, d'inciter à la discrimination raciale ou de l'encourager
".
Article
cinq
Conformément
aux obligations fondamentales énoncées à l'article
2 de la présente Convention, les Etats parties s'engagent à
interdire et à éliminer la discrimination raciale sous
toutes ses formes et à garantir le droit de chacun à
l'égalité devant la loi sans distinction de race, de couleur
ou d'origine nationale ou ethnique, notamment dans la jouissance des
droits suivants :
c) Droits politiques,
notamment droit de participer aux élections- de voter et d'être
candidat- selon le système du suffrage universel et légal,
droit de prendre part au gouvernement ainsi qu'à la direction
des affaires publiques, à tous les échelons, et droit
d'accéder, dans des conditions d'égalité, aux fonctions
publiques.
Dans ce cas il
est précisé que la Convention dans son article 5 les domaines
dans lesquels l'Etat doit éliminer la discrimination raciale
et garantir l'égalité devant la loi. Cette liste - non
limitative - inclut même certains droits qui ne sont pas
expressément reconnus par les Pactes, par exemple le droit à
la propriété, le droit d'hériter et le droit d'accès
à tous lieux et services destinés à l'usage du
public.
Toutefois la
Convention innove dans le système des Nations Unies par son article
14, qui contient une clause facultative de plainte individuelle. Elle
prévoit un premier examen au plan interne par un organisme national
désigné ou spécialement crée pour s'occuper
de telle plaintes. En cas d'échec, l'affaire est examinée
par le Comité qui peut, après avoir déclaré
la plainte recevable, adresser des " suggestions et recommandations
" à l'Etat concerné.
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