GUELLEH
BAFOUE LES DROITS DES TRAVAILLEURS,
LES SYNDICATS ET LES AVIS / RECOMMANDATIONS DE L'OIT.
LIGUE
DJIBOUTIENNE DES DROITS HUMAINS
L.D.D.H
Le Président
NOEL ABDI Jean-Paul
SIEGE Q.V. BOULEVARD DE GAULLE
BUR TEL (fax) : (253) 35 78 04
DOM TEL (fax) : (253) 35 80 07
B.P. : 74 - DJIBOUTI - RDD
e-mail : noel_lddh@yahoo.fr
http://www.lddh-djibouti.org
Note d'Information n°4/LDDH/01 du 17 mars 2001
Rien
à attendre, rien à espérer
.
les droits syndicaux restent toujours bafoués
Suite à la mission-conjointe BIT et CISL/ORAF
constat de la situation syndicale en République de Djibouti.
Par note d'information du 22 juin 2000 la Ligue Djiboutienne des Droits
Humains (LDDH) avait relevé et nous reprenons en partie, les
différents points suivants :
" La crise
sociale qui perdure depuis 1995, suite à la grève générale
de tous les travailleurs décrétée par l'intersyndicale
UDT/UGTD pour protester contre la loi antisociale des finances relative
au programme d'ajustement structurel, est loin d'être réglée
Plusieurs
centaines de syndicalistes avaient été brutalisés,
incarcérés et licenciés sans autre forme de procès
Le Bureau
International du Travail (BIT) a depuis envoyé plusieurs missions
dont une de contact direct en janvier 1998, mais à ce jour aucune
évolution notable n'a pû intervenir du fait que, le gouvernement
djiboutien s'entête dans une position de confrontation tout azimut
à l'endroit du mouvement syndicale
"
(l'intégrité de cette note d'information est jointe en
annexe)
Pratiquement neuf
mois après, dans le Cadre de la normalisation de la situation
syndicale en République de Djibouti, une délégation
conjointe du BIT et le CISL/ORAF composée de :
M.
Zakari Ibrahima
M. Louis SOMBES
a, du 9 au 13 mars
2001, rencontré principalement les autorités gouvernementales
et les responsables syndicaux de l'UDT et de l'UGTD.
Cette délégation
internationale :
" s'est par
ailleurs préoccupée de l'évolution de la situation
qui n'aura toujours pas changé et à la suite de la dernière
mission du BIT et malgré tous les engagements pris et les promesses
faites par le gouvernement de mettre tout en uvre pour résoudre
au mieux tous les problèmes posés.
La délégation
s'est dite disposée à offrir son assistance technique
et son conseil au cas où la résolution des problèmes
rencontreraient des obstacles au niveau de leur mise en uvre.
"
A la suite des
différentes rencontres, la délégation internationale,
en mission en République de Djibouti, a tiré un certain
nombre de leçons :
1) L'attitude du
gouvernement ne semblait pas les surprendre même s'ils pensent
unanimement que seul le Président de la République est
mieux placé pour trouver une solution définitive à
leurs problèmes.
2) Ils déplorent
l'absence totale d'espace de liberté, les menaces et harcèlements
qui pèsent quotidiennement sur eux. Ils soulignent par ailleurs
l'impossibilité pour eux d'avoir un dialogue constructif avec
les autorités qui s'acharnent à ne pas reconnaître
leurs représentants légitimes au point de refuser toute
tentative de rapprochement proposée par ces derniers.
3) Ils regrettent
vivement que les recommandations du comité de la liberté
syndicale ne soient pas mises en application et déplorent la
démobilisation des travailleurs qui, pris de peur et de panique,
préfèrent se contenter de leur sort.
La situation particulière
dans l'enseignement a également fait l'objet des préoccupations
des travailleurs, qui non seulement ont déploré la fuite
de cerveaux mais également le recrutement des vacataires malgaches
pour remplacer ceux d'entre eux qui ont été licenciés.
Les problèmes d'arriérés de salaires des fonctionnaires
qui remontent à 8 mois a tout aussi été l'un des
points focaux de nos rencontres avec les travailleurs.
En conclusion, la
délégation constate que malgré certains signes
de bonne volonté manifestés auparavant par le Ministre
de l'emploi et de la solidarité nationale, les promesses diverses
et les engagements pris sont loin d'être tenus par le gouvernement
en vue de la normalisation de la situation syndicale en République
de Djibouti.
Elle constate par
ailleurs que l'expression de toute opinion contraire à celle
du pouvoir en place constitue un crime de lèse-majesté
et les personnes identifiées comme telles prises pour les opposants
au régime et exclues de toute participation à la vie publique.
Elles sont l'objet de répression, sont contraintes au harcèlement
quotidien et à survivre sans ressources.
Les activités
syndicales sont très largement entravées par l'ingérence
intolérable du gouvernement dans leurs affaires et la peur généralisée
qui empêche la plupart des travailleurs de militer librement.
En raison de la
fuite en avant régulière du gouvernement, la délégation
recommande l'examen au fond des cas 1851,1922 et 2042 et exiger l'application
des recommandations y afférentes.
Elle souligne également
la nécessité d'utiliser l'ensemble des mécanismes
juridiques internationaux ainsi que toute autre forme de pression pour
amener le gouvernement de Djibouti à respecter ses engagements
et à appliquer scrupuleusement les conventions 87 et 98 de l'OIT
qu'il a librement ratifié. "
Quel genre de constat
peut-on aujourd'hui établir sur la situation des violations des
droits syndicaux ?
Tout d'abord, nous
tenons à témoigner tous nos remerciements à M.
Zakari IBRAHIMA et M. Louis SOMBES de la mission de la délégation
des Organisations Internationales des Travailleurs d'avoir accepté
de nous rencontrer, et de nous avoir permis d'échanger des informations
sur le monde syndical et surtout sur l'ampleur de la dégradation
des droits syndicaux en République de Djibouti, par la même
occasion des documents ont été remis à la délégation
internationale et un tableau sur la situation actuelle des Droits de
l'Homme dans notre pays a été dressé à leur
attention.
Le Constat sur la
situation des syndicats en République de Djibouti reste inchangé
depuis 1995. Les retards de salaires se sont encore aggravés,
depuis les dernières élections présidentielles.
La répression et le climat de peur et de terreur continuent à
lourdement peser sur les travailleurs djiboutiens. Les droits fondamentaux,
notamment les droits syndicaux sont constamment violés et les
dispositions fixées par le titre II de la Constitution, sur les
Droits et les Devoirs de la personne humaine sont et restent bafouées
par les Institutions de la République de Djibouti qui doivent,
en principe, assumer la pleine et entière responsabilité
dans " l'exercice normale et régulier de la souveraineté
populaire et garantir le plein épanouissement des droits et libertés
publiques " conformément et en particulier aux articles
7,8 et 9 de la Constitution du 4 septembre 1992.
La
Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH)
1) Déplore
l'entêtement du gouvernement djiboutien à l'égard
de l'ensemble des
Travailleurs et des droits syndicaux.
2) Elle appelle
à l'effectivité d'un Etat de Droit, à l'instauration
d'une Justice
totalement indépendante, du strict respect de la Constitution
en particulier les
Droits de la personne humaine.
3) Demande au gouvernement de mettre en application rapidement et à
appliquer
Scrupuleusement les Conventions 87, 98 ratifiées, de l'Organisation
Internationale du Travail (OIT).
4) Saisit la Communauté
Nationale et Internationale, tous les bailleurs de fonds et
autres Institutions financières et demande de conditionner leurs
aides et / ou leur soutien, et / ou leurs prêts financiers au
gouvernement djiboutien, tant qu'il ne tiendra pas compte, qu'il ne
respectera pas les droits syndicaux et les droits fondamentaux de la
personne humaine, ainsi que la réinsertion et le rétablissement
de la totalité de leurs salaires depuis la date de leur éviction.
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Sommaire
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RAPPORT
DE LA MISSION CONJOINTE
BIT - CISL/ORAF
Djibouti,
9-13 Mars 2001
Dans le cadre de
la normalisation de la situation syndicale en République de Djibouti
une délégation conjointe du BIT et de la CISL/ORAF a séjourné
à Djibouti du 09 au 13 mars 2001.
La délégation
était composés de :
Mr Zakari IBRAHIMA
de l'équipe multidisciplinaires du BIT(EMAO) Abidjan
Mr Louis SOMBES de la CISL/ORAF à Nairobi.
La délégation
a rencontré toutes les parties concernées par cette situation
et principalement les autorités gouvernementales et les responsables
syndicaux de l'UDT et de l'UGTD.
Elle a par ailleurs
rencontré les premiers conseillers des ambassades des Etats-Unis
et de la France ainsi que le Ligue Djiboutienne des Droits de l'Homme.
Avec les autorités
gouvernementales et principalement le Ministre de l'emploi et de la
solidarité nationale, la délégation a tenu à
rappeler les différentes recommandations du comité de
la liberté syndicale sur les cas 1851,1922 et 2042.
Elle s'est par
ailleurs préoccupé de l'évolution de la situation
qui n'aura toujours pas changé à la suite de la dernière
mission du BIT et malgré tous les engagements pris et les promesses
faites par le gouvernement de mettre tout en uvre pour résoudre
au mieux tous les problèmes posés.
La délégation
s'est dite disposée à offrir son assistance technique
et son conseil au cas où la résolution des problèmes
rencontreraient des obstacles au niveau de leur mise ne uvre.
Les problèmes
:
1) Le respect des
recommandations du comité de la liberté syndicale notamment
a) La réintégration
dans leur emploi et dans leur fonction de tous les dirigeants syndicaux
et les syndicalistes licenciés ou radiés qui en font la
demande et surtout les hauts dirigeants de la coordination inter syndicale
licenciées depuis plus de deux ans.
b) L'organisation
des élections libres des dirigeants syndicaux de la base au sommet
des centrales syndicales de l'UDT et de l'UGTD sans aucune forme d'ingérence
externe au mouvement syndical de Djibouti.
2) A l'exposé
de ce qui précède le Ministre de l'emploi et de la solidarité
nationale a reconnu que les engagements pris par le gouvernement n'ont
pas avancé en raison d'une part de son implication dans la résolution
au conflit somalo-somalien, de l'attitude du BIT et de la CISL à
ne pas vouloir reconnaître les dirigeants de l'UDT, de l'UGTD
élus lors des assises du 15 juillet 1999.
Par ailleurs, il
ne lui a pas été possible d'accepter les demandes de réintégration
en raison de la référence faite par les demandeurs de
leurs fonctions syndicales.
3) Le Ministre insistera
sur le fait que pour le gouvernement il y a eu le 15 juillet 1999 des
élections organisées par la base en présence des
représentants du gouvernement, du corps diplomatique et d'un
huissier de justice. Si toutefois, la régularité de ces
élections était remise en cause le gouvernement est disposé
à refaire des nouvelles élections.
4) Pour le moment, il ne reconnaît pas les anciens syndicalistes
comme étant des dirigeants des deux centrales syndicales bien
que le rapport et les documents du BIT et de la CISL condamnent le gouvernement
de Djibouti sur ces faits. Le gouvernement en prend acte.
Notre délégation
a cru devoir souligner que les actes de congrès du 15 juillet
1999 sont nuls et de nul effet pour vices de forme et de fond comme
n'ayant pas respecté les dispositions statutaires des organisations
UDT et UGTD. Elle constate avec regret que les engagements pris par
le gouvernement à toutes les occasions ont été
purement et simplement remis en cause. Par ailleurs, la présence
d'un huissier ne peut conférer à ces assises une quelconque
légitimité.
A la suite de notre
intervention, le Ministre de l'emploi et de la solidarité nationale
déclare :
" Le problème
qui existe aujourd'hui est crée de toute pièce par le
BIT et la CISL ; à vous de le gérer ".
C'est sur cette
conclusion que nous nous sommes séparés du Ministre de
l'emploi et de la solidarité nationale, en attirant son attention
sur le fait qu'une telle attitude de la part du gouvernement est inexplicable
après toute l'assistance et tous les conseils reçus du
BIT et l'engage à en supporter toutes les conséquences.
Les différentes
rencontres avec les travailleurs et les dirigeants des organisations
syndicales ont permis à la délégation de tirer
un certain nombre de leçons :
1) L'attitude du
gouvernement ne semblait pas les surprendre même s'ils pensent
unanimement que seul le Président de la République est
mieux placé pour trouver une solution définitive à
leurs problèmes.
2) Ils déplorent
l'absence totale d'espace de liberté, les menaces et harcèlements
qui pèsent quotidiennement sur eux. Ils soulignent par ailleurs
l'impossibilité pour eux d'avoir un dialogue constructif avec
les autorités qui s'acharnent à ne pas reconnaître
leurs représentants légitimes au point de refuser toute
tentative de rapprochement proposée par ces derniers.
3) Ils regrettent
vivement que les recommandations du comité de la liberté
syndicale ne soient pas mises en application et déplorent la
démobilisation
des travailleurs qui, pris de peur et de panique, préfèrent
se contenter de leur
sort.
La situation particulière
dans l'enseignement a également fait l'objet des préoccupations
des travailleurs, qui non seulement ont déploré la fuite
de cerveaux mais également le recrutement des vacataires malgaches
pour remplacer ceux d'entre eux qui ont été licenciés.
Les problèmes d'arriérés de salaires des fonctionnaires
qui remontent à 8 mois a tout aussi été l'un des
points focaux de nos rencontres avec les travailleurs.
En conclusion, la
délégation constate que malgré certains signes
de bonne volonté manifestés auparavant par le Ministre
de l'emploi et de la solidarité nationale, les promesses diverses
et les engagements pris sont loin d'être tenus par le gouvernement
en vue de la normalisation de la situation syndicale en République
de Djibouti.
Elle constate par
ailleurs que l'expression de toute opinion contraire à celle
du pouvoir en place constitue un crime de lèse-majesté
et les personnes identifiées comme telles prises pour les opposants
au régime et exclues de toute participation à la vie publique.
Elles sont l'objet de répression, sont contraintes au harcèlement
quotidien et à survivre sans ressources.
Les activités
syndicales sont très largement entravées par l'ingérence
intolérable du gouvernement dans leurs affaires et la peur généralisée
qui empêche la plupart des travailleurs de militer librement.
En raison de la
fuite en avant régulière du gouvernement, la délégation
recommande l'examen au fond des cas 1851,1922 et 2042 et exiger l'application
des recommandations y afférentes.
Elle souligne également
la nécessité d'utiliser l'ensemble des mécanismes
juridiques internationaux ainsi que toute autre forme de pression pour
amener le gouvernement de Djibouti à respecter ses engagements
et à appliquer scrupuleusement les conventions 87 et 98 de l'OIT
qu'il a librement ratifié. "
Fait à Djibouti, le 13 mars 2001.
Pour le BIT ......................................................Pour
la CISL/ORAF
Zakari IBRAHIMA .............................................Louis
SOMBES
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Sommaire
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