L.D.D.H.
Ligue Djiboutienne des Droits humains

Le Président NOËL ABDI Jean Paul
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LIGUE DJIBOUTIENNE DES DROITS HUMAINS
L.D.D.H
Le Président NOEL ABDI Jean Paul

NOTE D'INFORMATION N°14/LDDH/2000 du 22 juin 2000

Sur la situation syndicale en République de Djibouti
et ses effets.


La crise sociale qui perdure depuis septembre 1995,suite à la grève générale de tous les travailleurs décrété par l'intersyndicale UDT/UGTD pour protester contre le loi des finances relative au programme d'ajustement structurel, est loin d'être réglée.

A l'époque le gouvernement ayant pris, l'exercice du droit de grève pourtant prévu par la Constitution comme un affront intolérant de la part de l'intersyndicale avait réagi avec une violence inouie, il avait décidé de combattre et si possible d'éradiquer par tous les moyens le syndicalisme libre et indépendant. La réussite de cette grève en plus légale avait apparemment pris de court, le gouvernement, qui avait déclenché une répression sans précédente à l'endroit des syndicats et des syndicalistes notamment des hauts dirigeants de l'Intersyndicale.

Plusieurs centaines des syndicalistes avaient aussi été brutalisés incarcérés et licenciés sans autre forme de procès. Ce qui avait valu au gouvernement de Djibouti d'être pointé du doigt par les Organisations Syndicales Internationales dont la CISL(Confédération Internationale des Syndicats Libres à laquelle est affilée l'Union Djiboutienne du Travail), l'OUSA (Organisation de l'unité Syndicale Africain à laquelle est affiliée l'UGTD) ainsi que des organisations internationales telle que l'O.I.T.(Organisation Internationale du Travail) auprès de laquelle 3 plaintes formulées sont déposées depuis novembre 1995 jusqu'à ce jour, pour violations graves et répétés des droits syndicaux et dénie de liberté syndicale.

Le Bureau International du travail (BIT) a depuis envoyé plusieurs missions dont une de contact direct en janvier 1998, mais à ce jour aucune évolution notable n'a pu intervenir du fait que le gouvernement djiboutien s'entête dans une position de confrontation tout azimut à l'endroit du mouvement syndical.

Malgré les dispositions de bonne volonté que n'avait jamais manqué d'afficher les syndicats sans discontinuer et les offres de dialogue et de concertation réaffirmés à maintes reprises par les dirigeants de l'intersyndicale UDT/UGTD à l'endroit du gouvernement, ce dernier continuer à s'obstiner de plus en plus à poursuivre sa croisade antisyndicale. Et ce en dépit des recommandations à chaque fois réitérés du BIT à son endroit en vue de respecter les libertés syndicales et de réintégrer les dirigeants syndicaux qui demeurent licenciés depuis 1995 pour faute de grève et activités syndicales.

Plus grave, depuis 1999, le gouvernement s'évertue à cloner, à l'endroit des partis politiques légaux ainsi mis en hors jeu ; les centrales syndicales en tentant de leur substituer des pseudo-syndicalistes crée de toute pièces et à sa dévotion

Ainsi le Ministre de l'emploi et de la solidarité nationale avait-il organisé le 15 juillet 1999, un pseudo conféré préfabriqué dit en lieu et place des centrales légitimés et légaux conjoint de l'UDT/UGTD et leur affiles.

Sans oublier, les mouvement des enseignants secondaire, la SYNESED dont, leur dirigeants aient été victimes d'intimidation, d'arrestation de la police politique. Apres avoir subi toutes les formes les plus atroces de tortures, les principaux dirigeants de ce mouvement ont été révoqués illégalement. Certains de ces dirigeants se sont réfugiés en Europe, entre autre la secrétaire général Mme MARIAM HASSAN ALI qui avait contribuée tous ces efforts pour la réussite des mouvements syndicaux en général et même son époux n'a été épargné par la répression. La répression et la persécution à l'égard des syndicats étaient la plus féroces et la SYNESED était particulièrement visée pour servir d'exemple afin de décourager l'ensemble de travailleurs en s'acharnant sur les Elites.( Vous voyez on peut même touchez les têtes pensantes, disait un Ministre).

La SYNESED et la LEP qui réclamaient l'annulation des lois antisociales et la réduction des avantages acquis et des conditions de travail pitoyable . Ils ont été l'avant garde des grèves et des manifestations (SITTING) pour protester et témoigner le mécontentement de l'ensemble des travailleurs, d'où le déclenchement des répressions sauvages à leur encontre.

Quel-était le vraie but inavoué de l'acharnement du gouvernement qui a démantelé toutes les forces et les mouvements syndicaux ? à notre avis et le temps le montre qu'il s'agissait :

-1°) D'annihiler toutes existences syndicales

-2°) D'ouvrir le chemin à tous les abus de pouvoir contre les travailleurs
( Tel que le recrutement a basse tribale et les nominations à de haut postes de l'administration ou dans les secteurs parapublic surtout ceux qui viennent d'être privatisés à la hâte, nominations sur des critères tribales, sous tribales ou claniques)


-3°) De faire des retenues de salaires par le biais de différents impôts pour les efforts
de guerre. Voir - même de retenue par de simples décisions ministérielles, telle
que récemment celle en faveur de la réconciliation Somalienne.

-4°) Le renvoi arbitraire par le gouvernement avec pour un soit disant motif
d'abandon de poste, alors que ces travailleurs ont eu légalement leur congés
pire encore s'il s'agit d'un congé maladie délivre pat un médecin et confirmé
pour certains cas par expertise médicale. Les renvois ne pourront pas pallier
les recrutements sauvages, et le programme du FMI sur la compression du
personnel pléthorique est loin d'être respecté.

-5°) Le retard des salaires, et les blocages systématiques de tous les avancements
automatiques prévue par les réglementations en vigueur, due depuis une dizaine
d'année en République de Djibouti.


La LDDH préoccupée de la situation catastrophique de travailleurs djiboutiens, s'était
entretenue avec la délégation du B.I.T cette dernière a pris bonne note. De ce long entretien,
un point nous a paru comme un geste du gouvernement auprès de cette délégation de réintégrer tous les travailleurs et dirigeants syndicaux qui ont été révoqués pour leur activités syndicales. Pratiquement six mois après cet engagement, rien n'a été respecté et on peut considérer cet engagement comme caduc.

La LDDH demande au gouvernement de mettre en application rapidement tous ses engagements. Si cette situation de pouvoir abusive ne cesse pas la LDDH sera dans l'obligation de saisir la Communauté Nationale et Internationale et de demander à tous les bailleurs de fonds et autre Institutions Financières de conditionner leur aide et / ou leur soutien, et / ou leurs prêts financiers au gouvernement djiboutien, tant qu'il ne tiendra pas compte et qu'il ne respectera pas les droits syndicaux et les droits fondamentaux de la personne humaine, ainsi que la réinsertion et le rétablissement de la totalité de leurs salaires depuis la date de leur éviction.

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