LIGUE
DJIBOUTIENNE DES DROITS HUMAINS
L.D.D.H
Le Président NOEL ABDI Jean Paul
NOTE
D'INFORMATION N° 16/LDDH du 2 juillet 2000
" Les enfants sont les premiers
à mourir
"
Les populations de l'intérieur du District d'Ali-Sabieh sont
dans les oubliettes et leur cas s'est aggravé depuis l'année
dernière. Les villages de Hindi et Bihid-ley sont sans eau depuis
plus d'un mois et surtout en cette période de grande chaleur
et de grande sécheresse, on ne peut que craindre le pire pour
ces populations.
Le forage de
Bihid-ley était sans groupe. Deux mois auparavant, il a été
décidé, en haut lieu de transférer le groupe de
Hindi vers la station de Bihid-ley. Les techniciens se sont aperçus,
que les tuyaux de pompage étaient défectueux. Toutefois,
il a été décidé tout simplement de maintenir
ce groupe à ce puits défectueux, privant , en même
temps les citoyens de ces deux villages de ne plus être alimentée
en eau (La mort par la soif est un crime). C'est à se demander
si les populations de ces villages n'ont pas été dociles
à une quelconque période électorale ?
Les populations
de Hindi et Bihid-ley impuissantes n'avaient que pour seul recours que
celui de fuir leurs villages pour sauver leur vie en danger et une grande
partie s'est réfugiée en Somaliland voisin pour sauver
le peu de cheptel qui leur restait et assurait leur survie. Certains
de ces villageois ont fui vers le chef lieux, vers la capitale Ali-Sabieh
et ils ont pu malheureusement constater qu'elle est, elle aussi mal
chaussée.
Au lieu d'acheter
des tenus de combats à des enfants mineurs, en infraction aux
Conventions et aux Droits de l'Enfant que la République de Djibouti
a ratifié en particulier les clauses sur les protections des
enfants et l'interdiction à toute participation et enrôlements
dans
tous conflits armés (on se demande à quelle guerre le
Gouvernement djiboutien des quatre districts se prépare-t-il
?), l'administration aurait pu transférer ces dépenses
à l'achat des groupes et aux réparations de ces forages.
En outre, Holl-Holl,
elle aussi souffre. Elle vit dans l'obscurité, non seulement
administrativement, mais aussi plongé le soir dans l'obscurité
totale, alors qu'elle possède deux groupes électrogènes
(dont un en réserve) remis à neuf par l'armée française,
et la population cotisait pour les frais de gas-oil et autres ingrédients
dont le chef de poste était caissier et gestionnaire. Alors que
se passe-t-il ?.
Il est difficile
de comprendre que les appels incessants du Gouvernement pour la création
de nouveaux forages alors que très vite ces mêmes forages
s'effondrent par manque d'entretien et manque de suivi, bref par une
politique de négligence qui malheureusement tue une population
innocente et fragile en particulier les femmes, les enfants et les vieillards.
La LDDH demande aux Ministères concernés, et saisit en
particulier le Ministère de l'Intérieur pour qu'une solution
rapide soit trouvée et que nos concitoyens déplacés
à l'étranger puissent regagner leur foyer.
La LDDH est
très inquiète des ravages de la sécheresse et insiste
sur la bonne répartition des aides et des dons et sur le contrôle
réelle de la distribution des vivres afin d'éviter tout
détournement au profit personnel et /ou organisé.
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