LIGUE
DJIBOUTIENNE DES DROITS HUMAINS
L.D.D.H
Le Président NOEL ABDI Jean Paul
Note
d'Information n° 18/LDDH/2000 du 13 juillet 2000
Le cancer de la corruption
.
racines de Coup d'Etat
électoraux
En République de Djibouti, l'Etat et ses Institutions sont, en
principe, fondés sur une Constitution, des Lois (Organiques ou
autres), et des Textes juridiques réglementaires. Membre du "
Club des Nations ", Elle est aussi régie par les Conventions
et les clauses subsidiaires dès qu'Elle les a ratifiées.
Mais dans la
réalité, il est un secret pour personne que cet arsenal
législatif dont s'est dotée la République de Djibouti,
depuis son Indépendance et surtout depuis le 4 septembre 1992,
n'est, qu'en fait, une façade assez commode pour cacher une pratique
répressive et anti-liberté qui est le lot de tous les
jours, demeure le moyen de gouverner et de continuer à régner.
Cette situation
atypique d'une Démocratie de façade, d'un Etat de Droit
constamment avorté prend sa source fondamentale et a pour objectif
principal : " la corruption ".
" La Conférence
au Sommet Afrique-U.E du mois d'avril dernier a été la
réunion la plus importante jamais organisée entre les
Chefs d'Etat africains et européens ". Sylvie Howe dans
son article dans le magazine de la coopération au développement
ACP-UE (le Courrier) a classée la lutte contre la corruption:
parmi les points prioritaires. C'est aussi et nous citons , : Comparant
la corruption au cancer le commissaire Nielson s'est félicité
de ce que les négociations post-Lomé et la nouvelle Convention
abordent le sujet ouvertement " La corruption coûte 17 %
du PIB dans certains pays, a-t-il affirmé. Elle est en lien direct
avec les droits de l'homme. Elle ôte toute légitimité
aux moindres actes de la vie. De toute évidence, elle fait pénétrer
dans le règne de la défiance ".
" Justice
et Lumière
I. La corruption ou la Constitution constamment bafouée
La Constitution
du 4 septembre 1992 est presque parfaite dans son titre II sur le respect
de la personne humaine ( Des Droits et Devoirs de la Personne Humaine).
Presque parfaite pour ne pas dire excellente. Mais qu'en est-il dans
la pratique ? Alors là, c'est une autre paire de manche.
Dés l'aube
de l'ère de notre Constitution, le Chef de l'Etat a vaillament
et sans sourciller bafoué l'article 22 de la Constitution qui
stipule : " Le Président de la République est le
chef de l'Etat. Il incarne l'unité nationale et assure la continuité
de l'Etat
". L'un des cas les plus flagrants est celui de
cumuler la haute responsabilité de Chef de l'Etat avec celui,
plus exactement, la responsabilité partisane de Président
d'un simple Parti.
Nous n'allons
pas ici exposer un réquisitoire pour haute Trahison devant le
Haute Cour de Justice à l'encontre de la gestion des textes constitutionnels
durant toutes ces premières années de la Constitution
du 4 septembre 1992, mais nous devons naturellement en tirer des conclusions.
Pourquoi, durant
tant d'années et jusqu'aujourd'hui, la Constitution est elle
constamment bafouée ?
A notre avis
la raison principale découle de la rédaction de l'article
21 de la Constitution qui stipule : " Le Pouvoir Exécutif
est assuré par le Président de la République qui
est en outre Chef du Gouvernement ".
En effets, de
part ses élections aux suffrages directs, le Président
de la République doit assurer le Pouvoir Exécutif mais
le Chef de l'Etat ne peut pas être Juge et partie. (il est très
difficile de porter plainte contre soi-même)
Pire encore,
les articles 7 - 20 de la Constitution ont été décapité
dans la pratique et dès le début. Le Principe universel
de la Séparation des Pouvoirs est totalement absorbé.
Il s'agit plutôt du Principe de la Concentration des Pouvoirs
dans un même camp.
Nous reviendrons
sur ce point important de la Constitution et des Institutions Républicaines
dans " Qu'as-tu fais citoyen djiboutien " que nous avons décidé
de publier à une date ultérieure.
II. La corruption
ou les Privatisations hâtives et sauvages.
Certes bon nombres
de questions se posent sur ces décisions aveugles
et incompréhensibles. Est-ce pour stopper les mauvaises habitudes
de ponctions des fonds de ces Etablissements publiques ? Est-ce une
manière de reconnaître l'incapacité du gouvernement,
autorité de tutelle à gérer les biens de ces Etablissements
publiques ? Est-ce une nécessité consécutive aux
besoins réels de liquidité (sous enveloppe ou non, avec
tous les dangers des possibilités d'être embobelinés
dans un cadre de " blanchissement d'argent ") ? Est-ce encore
une volonté à régner par la force et la terreur
? Ou est-ce tout ça à la fois? Mais franchement il nous
est impossible de comprendre.
Dès septembre
prochain, les travailleurs " privilégiés " (travailleurs
chouchoutés par le régime), et les travailleurs non privilégiés
se retrouveront nombreux sur les bancs des chômeurs. Normalement,
diront les experts, c'est la dure résultante des privatisations.
Le bradage de
l'hôtel Sheraton dès 1997 et dont toutes les violations
juridiques, et financières avaient été décrites
à cette époque de manières précises et détaillées
dans le journal " Le Populaire ".
Les illégalités
flagrantes de cette privatisation officialisée par Décret
présidentielle ouvraient la porte à tous les abus.
Cette politique
de privatisation à outrance, arbitraire et anticonstitutionnelle,
aux effets et aux conséquences d'un tremblement de terre très
dévastateur détruisant tous " les édifices
" du secteur para - public peu avant et surtout après les
élections présidentielles du " printemps " de
l'année dernière. " Ce séisme " se propage
ces derniers mois, aux amplitudes affolantes, tout en faisant disparaître
un par un tous les Etablissements Publics sans tenir compte des intérêts
hautement sensibles et hautement stratégiques relevant de la
protection, de la défense de l'Economie nationale et la Souveraineté
de notre pays (articles 3-8-22 de la Constitution).
Reste à
savoir cette politique de privatisations sauvages, avec les effets négatives
des bradages ont été ou seront cautionnés par le
FMI (aval que certains membres du Gouvernement s'en vantent avoir obtenu).
Une question se pose : celui de savoir pourquoi les grosses sociétés
multinationales subitement s'accaparent des points stratégiques
de notre économie nationale en faisant abstraction des règles
d'Appels d'Offres Internationales en acceptant tout simplement à
signer des contrats de vente ou d'acquisitions de gré à
gré. C'est vraiment à se demander s'il n'existe pas des
complicités d'intérêts supérieurs mutuels,
à huis clos, sans transparence et ceci aux détriments
du peuple djiboutien.
La LDDH est
très inquiète, de la paupérisation et de la misère
galopante consécutive à l'officialisation tacite de la
corruption et ce depuis les dernières années. Tout ça
encore tue et toujours gratuitement des vies humaines.
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