Manifestations
armées des Forces Armées rapidement réprimées
par les armes des Forces Armées.
Le jeudi 7 décembre 2000, la République de Djibouti
a été confrontée à une épreuve
sanglante, regrettable et condamnable au sein même de l'Institution
armée de L'État
1°)
Les faits
Le 7 décembre
2000, vers les 10h du matin , des unités des Forces Nationales
de Police (FNP) procèdent à la mise en place de ses
soldats (tous grades confondus) aux alentours : du Palais Présidentiel,
de la Radio Télévision de Djibouti et du Centre des
Télécommunications.
La circulation
des véhicules civiles n'avait pas été interrompue,
et les biens et les personnes circulaient librement.
Dans ce secteur
à proximité du centre commerciale de la capitale, des
banques de la place, de la chambre de commerce, et de l'industrie,
de la cité Ministérielle et de l'Assemblée Nationale,
dans tout ce secteur le dispositif des Forces Armées n'avait
pas été déployé.
Rien d'inquiétant
n'était perçu sur les ondes de la R.T.D. et les télécommunications
fonctionnaient normalement pratiquement toute la matinée et
ce jusqu'au début de l'après-midi, c'est à dire,
jusqu'à leurs coupures respectives.
C'est vers
17h 30, que les ondes de la R.T.D. avaient repris leurs émissions
avec l'intervention télévisée du Ministre de
l'Intérieur M. Abdallah Abdillahi Miguil entouré des
officiers supérieurs des Forces Armées et en présence
du Secrétaire Général du Ministère de
l'Intérieur M. Hassan Omar et un peu plus tard avec le Commissaire
de la République M. Daher Ismaël Kahin (dit Chideh).
Le 13 décembre
2000, treize officiers des Forces Nationales de Police ont été
mis, par le Parquet, sous mandat de dépôt provisoire
et immédiatement incarcérés dans la prison civile
de Gabode.
2°)
Les préoccupations de la LDDH
Il est de
notre devoir à nous astreindre un droit de réserve pour
ne pas empiéter l'instruction judiciaire néanmoins nous
déplorant nos morts et nos blessés (civils ou militaires),
qui ont été fauchés par des balles sans matricules,
par des balles de nos forces armées, par des balles inexorablement
absurdes.
Grosso modo,
durant l'enquête judiciaire, nous avons appris que la torture
n'avait pas été utilisée, mise à part,
le fait que le Colonel GOD aurait été très maltraité.
Un responsable
de la Ligue attend toujours que le Parquet lui délivre une
autorisation afin de rendre visite aux prisonniers officiers de la
FNP et par là mieux informer l'opinion Nationale et Internationale
sur les conditions de la détention provisoire depuis le 13
décembre 2000.
Un officier,
le sous-lieutenant Abdourahman Mohamoud Hersi a été
hospitalisé d'urgence au pavillon Martial de l'Hôpital
Peltier le jour même de son incarcération.
Les
familles des soldats tués et celles des policiers prisonniers
ont été pressés d'évacuer leur logement
dans le camp de la FNP.
La Ligue Djiboutienne
des Droits Humains est préoccupée par le fait, d'un
prolongement indéterminé de la période de la
détention provisoire ou Dépôt dans la sinistre
prison de Gabode.
La Ligue Djiboutienne
des Droits Humains (LDDH) lance un Appel :
1°) pour
l'urgence de la procédure judiciaire au niveau du Parquet.
2°) pour
que , toutes les conditions en vue de la transparence du procès
lors des audiences soient dès à présent envisagées,
notamment la présence des observateurs des Défenseurs
des Droits de l'Homme, au tribunal de Djibouti.
La Ligue Djiboutienne des Droits Humaines
(LDDH) est très soucieuse de la répression qui s'abat
sur les proches et la famille de ces prisonniers ainsi que de la possibilité
de refus de visas aux avocats étrangers qui seraient sollicités.
La
Ligue Djiboutienne des Droits Humains reste inquiète car ces
répressions, qui sont inadmissibles, doivent prendre fin le
plus rapidement, afin d'éviter tout dérapage à
caractère ethnique et/ou tribal.