L.D.D.H.
Ligue Djiboutienne des Droits humains

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NOTE D'INFORMATION N° 23/LDDH/ du samedi 30 décembre 2000

Manifestations armées des Forces Armées rapidement réprimées par les armes des Forces Armées.


Le jeudi 7 décembre 2000, la République de Djibouti a été confrontée à une épreuve sanglante, regrettable et condamnable au sein même de l'Institution armée de L'État

1°) Les faits

Le 7 décembre 2000, vers les 10h du matin , des unités des Forces Nationales de Police (FNP) procèdent à la mise en place de ses soldats (tous grades confondus) aux alentours : du Palais Présidentiel, de la Radio Télévision de Djibouti et du Centre des Télécommunications.

La circulation des véhicules civiles n'avait pas été interrompue, et les biens et les personnes circulaient librement.

Dans ce secteur à proximité du centre commerciale de la capitale, des banques de la place, de la chambre de commerce, et de l'industrie, de la cité Ministérielle et de l'Assemblée Nationale, dans tout ce secteur le dispositif des Forces Armées n'avait pas été déployé.

Rien d'inquiétant n'était perçu sur les ondes de la R.T.D. et les télécommunications fonctionnaient normalement pratiquement toute la matinée et ce jusqu'au début de l'après-midi, c'est à dire, jusqu'à leurs coupures respectives.

C'est vers 17h 30, que les ondes de la R.T.D. avaient repris leurs émissions avec l'intervention télévisée du Ministre de l'Intérieur M. Abdallah Abdillahi Miguil entouré des officiers supérieurs des Forces Armées et en présence du Secrétaire Général du Ministère de l'Intérieur M. Hassan Omar et un peu plus tard avec le Commissaire de la République M. Daher Ismaël Kahin (dit Chideh).

Le 13 décembre 2000, treize officiers des Forces Nationales de Police ont été mis, par le Parquet, sous mandat de dépôt provisoire et immédiatement incarcérés dans la prison civile de Gabode.

2°) Les préoccupations de la LDDH

Il est de notre devoir à nous astreindre un droit de réserve pour ne pas empiéter l'instruction judiciaire néanmoins nous déplorant nos morts et nos blessés (civils ou militaires), qui ont été fauchés par des balles sans matricules, par des balles de nos forces armées, par des balles inexorablement absurdes.

Grosso modo, durant l'enquête judiciaire, nous avons appris que la torture n'avait pas été utilisée, mise à part, le fait que le Colonel GOD aurait été très maltraité.

Un responsable de la Ligue attend toujours que le Parquet lui délivre une autorisation afin de rendre visite aux prisonniers officiers de la FNP et par là mieux informer l'opinion Nationale et Internationale sur les conditions de la détention provisoire depuis le 13 décembre 2000.

Un officier, le sous-lieutenant Abdourahman Mohamoud Hersi a été hospitalisé d'urgence au pavillon Martial de l'Hôpital Peltier le jour même de son incarcération.

Les familles des soldats tués et celles des policiers prisonniers ont été pressés d'évacuer leur logement dans le camp de la FNP.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains est préoccupée par le fait, d'un prolongement indéterminé de la période de la détention provisoire ou Dépôt dans la sinistre prison de Gabode.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) lance un Appel :

1°) pour l'urgence de la procédure judiciaire au niveau du Parquet.

2°) pour que , toutes les conditions en vue de la transparence du procès lors des audiences soient dès à présent envisagées, notamment la présence des observateurs des Défenseurs des Droits de l'Homme, au tribunal de Djibouti.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humaines (LDDH) est très soucieuse de la répression qui s'abat sur les proches et la famille de ces prisonniers ainsi que de la possibilité de refus de visas aux avocats étrangers qui seraient sollicités.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains reste inquiète car ces répressions, qui sont inadmissibles, doivent prendre fin le
plus rapidement, afin d'éviter tout dérapage à caractère ethnique et/ou tribal.

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