15/04
LIGUE DJIBOUTIENNE DES DROITS HUMAINS
L.D.D.H
Le Président NOEL ABDI Jean-Paul
SIEGE Q.V. BOULEVARD DE GAULLE
BUR TEL (fax) : (253) 35 78 04
DOM TEL (fax) : (253) 35 80 07
B.P. : 74 - DJIBOUTI - RDD
e-mail : noel_lddh@yahoo.fr
http://www.lddh-djibouti.org
NOTE
D'INFORMATION N°7/LDDH du 16 avril 2001
Cette note d'information porte sur le procès du 9 avril 2001
et du 12 avril 2001. D'autres points suivent :
· Points de vue de la LDDH, et questions
subsidiaires.
· Réactions du journal "L'Ensemble"
· Des thèmes de réflexions.
I) POINT DE VUE
a) Sur le Procès
proprement dit
A 9 h. 30 l'audience
débuta, la Cour Criminelle était composée des juges
:Akbar,Emile, Zenouba, du Procureur Général, d'une Greffiére,de
quatre membres du juré.
Maître Mohamed Omar :pour les trois détenus
Maîtres Martinet : pour la partie civile
Maître MONTAGNE :pour l'Etat français
Après
avoir appelé à la barre MM. Aden Roble Awale,Mohamed Ali
Arreyte,Mohamed Hassan Farah ,Abdi Bouh Aden,le Président Akbar
a donné les chefs d'accusations :complicité d'assassinat
et tentative d'assassinat pour Aden Roble, assassinat et tentative d'assassinat
pour les trois autres.
Pour le jugement du 9 avr.01 voir communiqué 9
Pour le jugement du 12 avr.01,le Président Akbar a donné
la lecture pour la partie civile : " La Cour, Déclare recevable
les demandes de l'Etat français, condamne les accusés
à payer à l'Etat français la somme de 1.246.722,29
francs français avec intérêts au taux légal
à compter du présent arret. Les condamne à payer
à la succession Nervet la somme globale de 2.500.000 francs Djibouti.
La L.D.D.H reste très perplexe sur la légèreté
de ce procès totalement vide, de ce procès, à notre
avis, abominable. Elle reste très choquée d'entendre du
Parquet que, dés le 4 octobre 1990,les enquêtes se sont
effectuées en direction des Gadabourcis ,et que cette piste c'est
avérée fausse. C'est vraiment choquant. A cette période
plus de 350 personnes ont été torturées, un grand
nombre souffrent encore de ces séquelles. Pire encore, lors de
ce procès, nous avons appris que l'Ambassade de France en Ethiopie,
une année avant l'attentat, était bien informée
et connaissait à cette époque les auteurs d'un attentat
potentiel contre les intérêts français. On doit
se demander pourquoi les mesures de prévention n'ont pas été
déclenchées ?
Pourquoi cette fausse piste des Gadaboucis ? est-ce, pour des raisons
politiques de circonstance, est-ce pour brouiller d'autres pistes, la
vraie piste ?
Aujourd'hui, on est en droit d'exiger le Droit à la Mémoire,
on est en droit de réclamer le Pardon Officiel, on est en mesure
de saisir l'Etat, en mesure de saisir le Premier Magistrat
Pourquoi, le Parquet djiboutien a-t-il durant tant d'années,
depuis la mise en détention, après les mandats d'arrêt
émis, pourquoi le Parquet djiboutien s'est-il abstenu de faire
progresser les enquêtes rogatoires ?
La Ligue Djiboutienne des Droits de l'Homme(LDDH), a par les Communiqués
n° 8 du 4 avr.2001, et n°9 du 9 avril 2001 informé de
la manière suivante :
Communiqué n°8
Nous venons d'apprendre que le Président du PND, membre du Haut
Conseil de l'ODU, Monsieur Aden Robleh Awaleh a été arrêté
à 12h10, à son domicile sis à l'aéroport
par les Forces Nationales de la Police (FNP) et transféré
directement à la sinistre prison de Gabode dans la cellule 12.
Le Président
Aden Robleh, qui avait été convoqué pour ce mercredi
4 avril 2001, a fait déposer une lettre expliquant son refus
à se présenter au Tribunal.
Le lundi 5 mars
2001, à l'occasion de fête de l'AID AL ADHA, le Président
du Parti National Démocratique (PND), Monsieur Aden Robleh Awaleh,
avait prononcé un important discours à l'attention de
ses militantes et militants.
Lors de son discours,
il avait fait remarquer dans les termes suivants :
" Comme toujours, je dis et redis : nous n'avons pas besoin de
fusils pour mettre un terme à cette situation de non droit à
laquelle nous sommes confrontés. Une forte mobilisation politique
de notre peuple suffit. Il faut savoir que les grèves, les manifestations
publiques pacifiques sont des droits inaliénables. "
Le Président Aden Robleh aurait ces derniers temps, entrepris
des démarches et des contactes en vue de la concrétisation
de la mobilisation politique et pacifique pour les semaines avenir.
La LDDH reste
en alerte et suivra avec vigilance les conditions d'incarcération
de cet homme politique et le bon déroulement du procès.
_____________________________
Communiqué
n°9
Lundi 9 avril
2001 à 9h 15, la Cour criminelle a siégé pour l'affaire
de l'attentat du " Café de Paris " du 27 septembre
1990 en République de Djibouti.
Le Président
de la Cour, le Juge Akbar a demandé aux inculpés de se
présenter à la barre. Il s'agissait de :
M. Aden Robleh
Awaleh Président du Parti PND et membre du Haut Conseil
de l'ODU. Mise en détention le 4 avril 2001
M. Mohamed Ali Arrretey mis en détention en 1995
M. Mohamed Hassan Farah mis en détention en 1993
M. Abdi Bouh
Aden mis en détention en 1992
Un inculpé
avait bénéficié, après plusieurs années
de détention, d'un non lieu il s'agit de M. Mahdi Ahmed Abdillahi
actuellement Président par l'effet du colonage imposé
au PND.
La liste des témoins a été donnée, mais
aucun témoin ne s'est présenté et d'après
le Procureur Général, ces témoins auraient été
menacés.
Le Président
Aden Robleh après avoir brossé son passé de combattant
pour l'indépendance, a confirmé son refus d'avoir un avocat
du fait que : " connaissant la nature du procès qui m'est
fait, je ne vois pas l'intérêt de recourir aux services
d'un Conseil, notre pays vit sous une dictature implacable. La liberté,
les droits de l'homme, la démocratie n'existent pas dans ce pays
".
Les trois autres
détenus depuis pratiquement plus de huit ans avaient pour Défenseur
Maître Mohamed Omar, qui avec brio, avait posé le vrai
problème, celui des preuves tangibles, des preuves matérielles
qui font totalement défaut dans le dossier volumineux qui lui
a été remis que quelques jours avant l'audience.
La Ligue Djiboutienne
des Droits Humains reviendra sur ce procès, une fois que la partie
de la Partie civile sera tranchée par la Cour criminelle le jeudi
12 avril 2001.
La Cour criminelle
s'est prononcée aujourd'hui le 9 avril 2001 que sur les peines
pénales :
La Cour criminelle condamne :
· Aden Robleh Awale à six (6) ans de prison avec sursis.
· Mohamed Ali Arretey à six (6) ans de prison ferme
· Mohamed Hassan Farah à huit (8) ans de prison ferme
· Abdi Bouh Aden à huit (8) ans de prison ferme
La Cour Criminelle condamne, par contumace, Awaleh Guelleh à
la réclusion criminelle à perpétuité.
La Ligue Djiboutienne
des Droits Humains (LDDH) demeure consternée face à cette
condamnation d'une telle ampleur, d'autant plus qu'aucune preuve tangible
n'est apparue durant le réquisitoire du Procureur Général,
et celui, de la plaidoirie, de la Partie Civile, de Maître Martinet.
Sur les ondes de la R T D du 11 avr.01, le Procureur Général
a précisé : Mohamed Ali Arreyte une purge de 146 jours
à Gabode Mohamed Hassan Farah une purge de 13 jours à
Gabode.
II) LES REACTIONS
Le Journal "
Ensemble " du 12 avril 2001
PROCES SUR L'ATTENTAT DU CAFE DE PARIS
LA VERITE RESTE A VENIR
(Extrait)
Septembre 1990. La tension née de l'invasion, en août 1990,
du Koweït par l'Irak, va crescendo à travers le monde. L'indignation
internationale, particulièrement occidentale du fait des intérêts
hautement stratégiques de l'Occident dans le Golfe est générale.
Mais Sadam Houssein, sorti non sans quelque auréole de sa guerre
contre l'Iran islamiste, guerre au cours de laquelle il a pu bénéficier
du soutien de ce même Occident, Saddam donc réagit en autocrate
et fait la sourde oreille aux appels au retrait du Koweït qui fusent
de partout.
A Djibouti, le
régime n'est pas au mieux de sa forme. Usé par son long
règne (il est au pouvoir depuis l'accession à l'indépendance
de 1977), le Système Gouled, qui repose sur le tribalisme, est
en perte de vitesse auprès d'une opinion nationale fatiguée
du tout unique et sensible au vent de démocratisation. Qui, depuis
l'Europe de l'Est où le mur de Berlin est tombé et les
dictatures dites rouges balayées les unes après les autres,
souffle sur le monde. L'Afrique commence du reste à être
touchée par l'heureuse contagion démocratique aux dépens
des régimes autoritaires à pensée et parti uniques
qui tremblent devant le changement en marche.
Voilà
dans quel contexte général se perpètre, dans la
soirée du jeudi 27 septembre 1990, à la terrasse du fameux
Café de Paris, au centre-ville de la capitale, un odieux attentat
anti-français. Les lieux sont mal éclairés, du
fait d'une coupure d'électricité, lorsque des grenades
sont lancées contre les occupants de la terrasse. Un enfant de
six ans, Oliviers Nervet, est mortellement déchiqueté
sur les genoux de son père, ses parents sont touchés par
les éclats de grenade ainsi que de nombreuses autres personnes.
Au total, l'attentat fait un mort et quatorze blessés dont plusieurs
grièvement atteints.
Comme à son habitude, le régime de livre à un tapage
médiatique et frappe où il veut. C'est d'abord une composante
de la communauté nationale qui est visée sur laquelle
la gendarmerie, qui conduit l'enquête, s'abat. Plusieurs dizaines
de membres de cette composante nationale (parmi lesquels des jeunes
et moins jeunes, des hommes comme des femmes) sont arrêtés
qui subissent des interrogations musclées dans les locaux de
la gendarmerie. Ils auront subi des souffrances dont beaucoup portent
encore les séquelles et pour lesquelles ils n'ont reçu
ni réparations ni excuse officielles.
Le régime
crie déjà victoire qui annonce avoir trouvé les
coupables. L'opinion est sceptique devant cette précipitation
musclée dont les victimes semblent par avance désignées.
Cela sent la vieille recette du bouc émissaires. Des heurts entre
certaines composantes nationales (dont celle que les enquêteurs
du régime désignent du doigt) ne se produisent-elles pas
depuis quelques temps et n'ont-ils pas tout l'air d'une manipulation
divisionniste ? Le régime ne s'ingère t-il dans la guerre
civile somalienne à des fins de politique intérieure ?
Cette morbide
mayonnaise ne prenant point, cette direction est bientôt abandonnée
au profit de ce que le pouvoir appelle la piste de l'opposition djiboutienne
exilée. Awaleh Guelleh Assoweh et Mohamed Hassan Farah sont arrêtés
dès l'été 1992 à Addis-Abeba où ils
vivent en exil. Ils sont détenus quelques mois dans la capitale
éthiopienne avant d'être livrés aux autorités
djiboutiennes. Peu après, c'est autour de Abdi Bouh Aden dit
Bouraneh d'être arrêté et jeté à son
tour à Gabode où Mohamed Ali Arreyteh, interpellé
à Dire-Dawa et extradé, le rejoindra plus tard en 1995.
Le pouvoir claironne à nouveau qu'il a trouvé la vraie
piste et les vrais coupables. Ils sont présentés comme
les membres du Mouvement de les Jeunesses Djiboutienne (MJD) que dirigerait
un certain Mahdi Abdillahi Ahmed qui connaîtra également
la prison.
Aden Robleh Awaleh,
qui vit en exil à Paris au moment des faits où il dirige
le Mouvement National Djiboutien pour l'instauration de la Démocratie
(MNDID), se retrouve à son tour associé au groupe. Il
clame son innocence et crie à la machination politique.
Les thèmes
de réflexions.
Ces thèmes
sont extraits du livre d'un homme qui connaît notre pays :M Arnaud
Montebourg.Ce livre à pour titre : " La Machine à
trahir "
I)
" Je dénonce à la conscience des honnêtes gens
cette pression des pouvoirs publics sur la justice du pays .Ce sont
là des murs politiques abominables qui déshonorent
une nation libre "
II)
" Sceaux embarrassé, faisait l'aveu suivant : " Ah
! La magistrature manque d'indépendance ? Ce procureur sous sa
robe rouge et son hermine n'a pas eu la conscience assez haute pour
résister ? Mais que se passe-t-il donc dans ce ministère
? J'y suis allé dans les ministères, et dans celui de
la Justice. La nomination de ces magistrats, leur avancement, leur carrière,
leur vie est toute entre nos mains.
Et à ceux
qui craindraient l'entrée des passions partisanes dans les prétoires
de la République, on répondra que les procureurs ne sont
pas des juges dont la nomination doit quant à elle rester impérativement
éloignée des préoccupations de parti. Ces procureurs
élus ne pourront donner à juger que des infractions à
la loi républicaine, non leurs caprices ou leurs passions, et
les citoyens pourront solliciter ces procureurs avec d'autant plus de
force et de poids qu'ils seront aussi leurs électeurs.
Je ne crains
pas un procureur ayant des opinions politiques, pourvu qu'elles soient
connues et surveillées. Aujourd'hui, les procureurs sont, comme
d'autres, souvent politisés, mais ils cachent leur idéologie
sous leur robe et derrière leur fonction. Je préfère
qu'ils agissent à découvert.
Je veux vous
raconter cette histoire exemplaire qui concerne le Parquet général
de Genève, élu au suffrage universel par les citoyens
de cette petite République. Bernard Bertossa a donc été
élu il y a dix ans. Il décida, soutenu par les électeurs
genevois, de s'attaquer à l'argent entreposé par la grande
délinquance russe sur la place financière de Genève.
Lorsque les premières informations judiciaires ont été
ouvertes, le procureur général de Genève obtint
le témoignage à charge d'un certain nombre de ressortissants
russes qui permirent au dossier d'avancer vers la condamnation. Le limogeage
récent par Vladimir Poutine du procureur russe qui avait octroyé
le soutien de la justice russe aux démarches du procureur général
suisse a mis en difficulté l'enquête menée par le
procureur général Bertossa.
Celui-ci dut
s'expliquer publiquement devant ses électeurs, dans La Tribune
de Genève, sur la stratégie qu'il avait jugé bon
de retenir. " En matière de corruption impliquant les fonctionnaires
étrangers, nous prenons systématiquement les mêmes
mesures de poursuite. Cette systématisation vise deux objectifs.
Le premier, nous
envoyons un signal fort à l'étranger montrant que la Suisse
n'est plus un havre de tranquillité pour le blanchisseur d'argent
sale. Le second, nous adoptons un comportement uniforme, quelle que
soit la couleur politique des fonctionnaires et des dirigeants concernés.
C'est ainsi que, socialiste bon teint, j'ai poursuivi les délits
commis en Suisse par des personnalités proches du Parti socialiste
espagnol. On ne peut donc pas accuser le Parquet genevois de favoriser
un camp plutôt que l'autre. "
Là encore,
le contrôle permanent des électeurs sur le fonctionnement
d'une institution aussi importante que celle chargée de la répression
pénale est une garantie d'impartialité et de recherche
obstinée de la justice.
Et si l'on craignait
que, par un tel système, le gouvernement perde le contrôle
des poursuites pénales dans des matières névralgique
et cruciales comme les atteintes aux intérêts de l'Etat,
l'espionnage, le terrorisme, la corruption internationale, pourquoi
ne créerait-il pas un parquet spécialement attaché
à lui sous son contrôle direct, pour certaines infractions
limitativement désignées, assimilables à la défense
des intérêts directs de l'Etat ? Le gouvernement pourrait
dans ce cas exercer lui-même les fonctions de poursuite, sous
le contrôle du Parlement et en pleine responsabilité devant
les électeurs.
C'est peut-être
ainsi que le citoyen pourrait, en matière judiciaire, enfin trouver
son compte. "
Journal "
Le MONDE/SELECTION HEBDOMADAIRE " du samedi 7 avril 2001
Arnaud Montebourg
vu par le Journal le Monde sélection hebdomadaire
Après avoir obligé Alain Juppé à déménager
et épinglé les tribunaux de commerce, le député
socialiste de Saône-et-Loire s'est attaqué au président
de la République, qu'il souhaite voir répondre de son
action de maire devant la justice. Portrait d'un homme qui dérange.
L'élégante
silhouette semble déplacée dans les étables où
charolaises et normandes soufflent un peu de chaleur dans le vent frisquet
de décembre. " Il y a quelqu'un ? ", lance Arnaud Montebourg
en piétinant la paille et la boue séchée. Le député
de la circonscription de Louhans, en Saône - et - Loire, a décidé
de consacrer cette matinée à in négociant en bestiaux.
Jean Compagnon n'a pas le profil type d'un électeur de gauche,
mais, s'il a demandé à voir " son " député,
c'est que la consommation de buf s'effondre. Il faut faire quelque
chose comme, suggère-t-il, réclamer l'interdiction des
émissions qui affolent les Français
C'est bien mal
connaître le citoyen-député, défenseur de
la presse et pamphlétaire de La Machine à trahir (Denoël),
qui réclame plus de libertés pour les citoyens, plus de
pouvoir pour le Parlement, plus de transparence dans la gestion des
deniers publics. Et plus de sévérité à l'encontre
de Jacques Chirac, qu'il rêve de voir répondre de son action
de maire de Paris devant la Justice.
La crise bovine
le mobilise sur le terrain, la crise du régime le galvanise ailleurs,
courant maisons de la presse et librairies pour dédicacer ce
"rapport sur le délabrement de nos constitutions "
qui fait le bonheur des lecteurs (45 000 exemplaires déjà
vendus) et le malheur du président.
Ainsi va Montebourg
le " Paris-Bresse " du Palais-Bourbon : trois jours dans la
capitale, le reste de la semaine en Val-de-Saône. Qui est ce grand
jeune homme de trente-huit ans, à la mise classique et au verbe
un peu désuet, qui veut précipiter Chirac " en enfer
" ? Certains, lui prêtant une origine aristocratique, lui
donnent - par erreur ou malice - du Arnaud " de " Montebourg.
On ne trouve pourtant ni comte ni duc dans sa généalogie.
Du côté
de sa mère, née Leïla Ould Cadi, il y a seulement
des Wali, ces " préfets " arabes placés à
la tête des wilayas dans l'Algérie coloniale. Ni héritier
ni grand bourgeois, mais fils d'une professeur d'espagnol et d'un inspecteur
des impôts, M. Montebourg est un bon produit du système
méritocratique de sa " chère République ".
Son père,
mendésiste de la première heure, rêvait pour lui
d'ENA et de carrière dans la haute fonction publique. "
Sans doute pensait-il que je le vengerais, lui qui savait les portes
de l'administration centrale fermées à des hommes comme
lui ", raconte-t-il. Il échoue au concours, mais devient
un avocat brillant, premier secrétaire de la conférence
du stage du barreau de Paris en 1993, ce concours d'éloquence
remporté avant lui par
Léon Gambetta et Paul Reynaud.
Cela lui vaudra d'être commis d'office pour assurer la défense
de Christian Didier, assassin de René Bousquet, le chef de la
police de Vichy avec lequel François Mitterrand n'a jamais vraiment
rompu. " Là, je suis descendu dans les soutes du mitterrandisme
", se souvient-il. Après Urba, c'est encore un peu d'illusions
perdues pour celui qui, en 1981, collait les affiches de " La force
tranquille " dans les rues de Dijon, sa carte du PS toute neuve
dans la poche.
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