Plainte
en annulation de la décision implicite du Ministre de l'intérieur
de refuser l'exercice de la Liberté d'expression et le refus
de délivrer le récépissé à la Ligue
Djiboutienne des Droits Humains auprès du Conseil du Contentieux
Administratif du 27 février 2001.
Plainte
déposée par : ............................................................Plainte
contre :
Le Président de la Ligue Djiboutienne .....................................Le
Ministre de l'Intérieur
Des Droits Humains (LDDH) ..................................................M.
Abdallah Abdillahi Miguil
M. NOEL ABDI Jean Paul .....................................................et/ou
le Secrétaire Général
...........................................................................................du
Ministère de l'Intérieur
...........................................................................................M.
Hassan Omar
Au Président de la Cour
du Contentieux Administratif Tribunal de Djibouti.
Monsieur
le Président,
Par
la présente requête, en tant que Président et au
nom de la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH), je porte plainte
contre le Ministre de l'Intérieur M. Abdallah Abdillahi Miguil
et /ou le Secrétaire Général du Ministère
de l'Intérieur M. Hassan Omar pour entrave grave au bon fonctionnement
des activités des Défenseurs des Droits de l'Homme en
République de Djibouti, plus précisément des activités
d'une association légalement constituée la Ligue Djiboutienne
des Droits Humains (LDDH), et celui de bloquer la délivrance
de son récépissé.
Les faits
Le
9 mai 1999, le Président de la Ligue Djiboutienne des Droits
Humains (LDDH) a par lettre déclarative auprès du Ministre
de l'Intérieur déposée le Statut de la LDDH, le
Procès-verbal de l'huissier ainsi que les copies des cartes d'identité
des membres du Conseil d'Administration de la Ligue.
Le
4 juin 1999, le Président de la LDDH a déposé auprès
du Ministre de la Justice chargée des Droits de l'Homme le Statut,
tout en informant de l'entière disponibilité de la LDDH
à collaborer et à épauler le Ministre dans le domaine
des Droits de l'Homme, et de la totale indépendance de la Justice.
Depuis
le 9 mai 1999, la LDDH n'a pas ménagé ses efforts dans
le juste combat du respect de la personne humaine, dans son juste combat
de défenseur des Droits de l'Homme.
Affirmant
que
L'un
des succès essentiel de la LDDH et celui de l'Accord-Cadre du
7 février 2000. En effet, la LDDH dès août 1999
avait lancé des Appels pressant pour la Paix, pour l'ouverture
des négociations pour une Paix, Juste, Globale et Durable. Le
dernier Appel pour la Paix de la LDDH, et qui enfin avait été
entendu, est l'Appel du 7 janvier 2000 juste un mois jour pour jour
avant la signature de l'Accord-Cadre de Paix du 7 février 2000
à Paris.
La
LDDH avait été très présente essentiellement
dans les domaines suivants :
- Conflit armé dans le Nord et l'Ouest de notre pays
- Violation des Droits de l'Homme - procès politiques - prisonniers
politiques - droit syndical - droit des libertés de la presse
- droit de l'Opposition
La
LDDH, (trois membres) sur l'invitation du Ministre de la Justice et
à la demande de son Président, a participé activement
à tous les travaux des trois ateliers des Etats Généraux
de la Justice. C'est au Ministre de la Justice, chargé des Droits
de l'Homme, que les différents rapports d'activités de
la LDDH sont adressés.
La
Ligue Djiboutienne des Droits Humains a le statut d'Observateur auprès
de la Commission Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples, elle
est membre affilié à la Fédération Internationale
des Droits de l'Homme (FIDH), elle est correspondante de l'Observatoire
des Défenseurs des Droits de l'Homme.
Ayant
constaté une forme d'amélioration dans la situation conflictuelle
du Nord et de l'Ouest de notre pays en matière des Droits de
l'Homme, après la signature de l'Accord-Cadre du 7 février
2000 la LDDH avait décidé d'accompagner le processus des
négociations, le processus de réalisation de la paix et
avait monté un projet de " théâtre de rue "
avec des sketches et des chansons dans les langues maternelles ayant
pour thème principale la Paix.
Ce
projet pouvait se réaliser grâce à l'appui de l'International
Republican Institut de Washington (IRI).
Rappelant
que :
Le
18 juillet 2000 par lettre n°20/LDDH/00 au Commissaire de la République,
chef du District de Djibouti, la LDDH a demandé l'autorisation
pour la réalisation des sketches du " théâtre
de rue " sur la Paix. (en annexe à cette lettre)
Bien
que cette activité soit exclusivement formatrice et s'inscrit
dans le cadre de la culture de Paix, le Commissaire de la République
M. Daher Ismaël Kahin a verbalement informé le Président
de la LDDH du refus du Ministre de l'Intérieur de délivrer
une autorisation à ces représentations culturelles et
de sensibilisation qui sont dans aucun cas susceptibles de causer aucune
gêne ni aucun trouble.
Quelques
jours après, le Président de la LDDH a pû obtenir
un rendez-vous avec le Ministre de l'Intérieur le 24 août
2000, ce dernier a conditionné cette autorisation par la délivrance
du récépissé et chargea son Secrétaire Général
à régulariser cette situation (en annexe la lettre n°29/LDDH/00
du 26 août 2000 adressée au Ministre de l'Intérieur
et résumant l'entretien le 24 août 2000 avec le Ministre
de l'Intérieur).
Autrement
dit, le Ministre conditionne l'autorisation sollicitée à
la délivrance d'un récépissé par son propre
service, ce qui est abusif à plus d'un titre car :
1°)
le récépissé, devant être délivré
dès le dépôt de la déclaration le 9/05/99,
a été retenu illégalement par le ministère
;
2°)
la simple déclaration de l'association est suffisante pour en
formaliser la
création ;
3°)
depuis le 9/05/99 notre association existe, elle est dotée de
la personnalité
juridique et travaille au quotidien tant à l'intérieur
qu'à l'extérieur du pays.
Le
2 décembre 2000 par lettre n°47/LDDH/00 le Président
de la LDDH a saisi le Ministre de l'Intérieur pour lui demander
de lui indiquer la suite qu'il comptait réserver à la
demande d'autorisation du " théâtre de rue "
sur la Paix ainsi que la régularisation de cette situation (ci
joint en annexe).
Le
samedi 6 janvier 2000 à 9h30, le Secrétaire Général
, devant le Président de la LDDH a donné ordre au service
de l'Administration général d'établir rapidement
le récépissé et de le soumettre à sa signature.
Le
mardi 31 janvier 2001, le Directeur du service de l'Administration Générale
et de la Législation M. Samireh chargé de délivrer
le récépissé, a verbalement informé le Président
de la LDDH, que le Ministre de l'Intérieur a donné ordre
de " classer sans suite le dossier de la LDDH, et qu'il appartient
au Ministre de l'informer par écrit ", tout en précisant
que le récépissé à soumettre à la
signature du Secrétaire Général figure parmi les
pièces du dossier de la LDDH.
Le Ministre de l'Intérieur M. Abdallah Abdillahi Miguil et surtout
le Secrétaire Général de l'Intérieur M.
Hassan Omar ont pendant plus de cinq mois fait revenir régulièrement
le Président de la LDDH pour soit disant régulariser une
situation pourtant régulière et légale, d'autant
plus que la LDDH n'a jamais cessé ses activités depuis
l'officialisation auprès du même Ministre le 9 mai 1999,
et prennent prétexte des irrégularités commis par
leur propre service pour faire obstacle à la réalisation
d'une activité culturelle (un théâtre) bénéfique
pour notre jeunesse, bénéfique pour la Paix.
PAR CES MOTIFS
PLAISE
AU CONSEIL
Voir
annuler la décision implicite du Ministre de l'Intérieur
de refuser sans motif l'exercice de la liberté d'expression ou
le " théâtre de rue ", ainsi que le refus de
délivrer le récépissé au mépris de
la liberté fondamentale de la Ligue Djiboutienne des Droits Humains
(LDDH), défenseur des Droits de l'Homme.
Voir
ordonner le Ministre de l'Intérieur à délivrer
le récépissé à la Ligue Djiboutienne des
Droits Humains (LDDH).
Voir
condamner le Ministre de l'Intérieur aux dépens.
-------------------------------------------------------
Sommaire
---------------------------------------------------------