L.D.D.H.
Ligue Djiboutienne des Droits humains

RAPPORT D'ACTIVITE :
Septembre - Octobre 2000

Le Président NOËL ABDI Jean Paul
SIÈGE Q. V. BOULEVARD de Gaulle
B.P. 74 DJIBOUTI
DOM TEL : 253 358 007
BUR TEL : 253 357804

E-mail : noel_lddh@yahoo.fr
Site : http://www.lddh-djibouti.org

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Tableau de bord 1/LDDH/00

Rapport d'activité
Période : Septembre - Octobre 2000

I. Activités écrites . (objectif et réactions)


I.1 Sur les Communiqués de Presse.

Durant le bimestre septembre - Octobre 2000, la Ligue Djiboutienne des Droits Humaines (LDDH) a émis trois Communiqués de Presse.


Les objectifs escomptés sont essentiellement :


a) Communiqué de Presse n° 21 du 12 septembre 2000.

" Les passagers en provenance du Somaliland rencontrent des difficultés au niveau du barrage Loyada et Djibouti. "

L'objectif principal était celui de dénoncer les violations du Droit d'Aller et Venir répétées à partir de notre frontière aux passagers et aux transporteurs en provenance du Somaliland, et surtout, les violations inadmissibles de l'article 3 de la Constitution de la République de Djibouti (Voir annexe à la fin du rapport)

Depuis que le Gouvernement de notre voisin du Sud avait refusé de participer à la Conférence somalienne à Arta, et surtout depuis, le refus d'accès à Hargheisha par les autorités de ce pays aux membres de la délégation parlementaire djiboutienne conduite par le deuxième Vice-Président de l'Assemblée Nationale (ancien Ministre de l'Intérieur) le député Idriss Harbi suivi par l'expulsion manu-militari, de M. Omar Dhere représentant du Somaliland en République de Djibouti, par les autorités djiboutiennes. Le contrôle à Loyada est, encore malheureusement, très souvent inhumain.

Ces violations du Droit d'Aller et Venir à partir du poste frontalier de " Loyada " ont été ainsi durement ressenties par les vacanciers djiboutiens de retour dans leur pays après les vacances scolaires de l'été, fuyant les fortes canicules de l'été n'ayant pas le moyen de se payer des voyages plus lointain par avion, encore moins celui de se payer le luxe d'une " climatisation respectable chez soi ".

Il existe à Djibouti un nombre important de Djiboutiens, qui n'ont pas d'autre patrie et qui sont pratiquement condamnés à vie avec leur progéniture à rester indéfiniment sans pièces d'identité .

Ces vrais djiboutiens parfois depuis deux générations qui sont respectés et respectables, peuvent quitter la République de Djibouti sans tracas avec leurs enfants, mais lors du retour au pays, ils confrontent humiliations et sévices. Pour eux partir en congé en dehors du pays comporte un risque énorme pour leur retour, parfois les enfants sont séparés et rentrent seul sans être accompagner par leur parent (Exemple légale " Une maman est retenue au poste frontière pour défaut de pièce d'identité et ses enfants sont forcés de continuer leur retour de voyage et de rentrer seuls à Djibouti ")

A travers ce communiqué, nous avons tenu, à mettre en exergue, la situation intolérable de ces vrais djiboutiens arbitrairement condamnés par l'Administration du Ministère de l'Intérieur à demeurer apatrides, à demeurer avec leurs enfants et petits enfants sans aucune pièce d'identité djiboutienne dont ils ont parfaitement droit si vraiment la politique de marginalisation pour une catégorie de nos citoyens serait abolie.

Marginalisation contraire à la Constitution de notre pays, à nos coutumes ancestrales, au principe même de la Démocratie.


b) Communiqué de Presse n°22 du 25 septembre 2000

" Il n'y a rien à attendre .... rien à espérer.

Ce Communiqué vise essentiellement à dénoncer le statut quo d'une politique foncièrement dictatoriale à l'égard de la Presse, politique foncièrement dictatoriale qui s'est paradoxalement durcie depuis la Constitution du référendum du 4 septembre 1992, politique foncièrement dictatoriale qui continue à s'amplifier non seulement par des méthodes de répressions directes mais aussi par d'autres méthodes répressives sournoises mais plus dangereuses annihilant pratiquement, même, toutes velléités de dénonciation de la dictature, toutes chances à la Libre Expression et à la Presse Libre.

Si le Droit à la Parole est réprimée, si le Droit de Réponse est classée sans suite par le Ministère Public et qu'aucun recours n'est possible pour abus de Pouvoir, pour interception et blocage arbitraire et illégale par ceux-là même, sensés appliquer la loi, par ceux-là même sensés défendre l'Indépendance du troisième pilier de l'Etat à savoir le Pouvoir Judiciaire. Que faut-il faire ?

Alors : " Il n'y a rien à attendre .... rien à espérer " du moins tant que cette politique foncièrement dictatoriale continuera de régner en République de Djibouti.


c) Communiqué de Presse n° 23 du 14 octobre 2000.


" La manifestation Gouvernementale est sauvagement réprimée par les forces de répression Gouvernementales. "


Ce Communiqué fait état d'une manifestation en principe, de soutien au peuple palestinien dans leur combat légitime, courageux et de longue date, pour la création d'un Etat Palestinien Libre et Souverain.

Cette manifestation, organisée sous l'impulsion de l'équipe au Pouvoir, avec l'effigie du Chef de l'Etat djiboutien, avec et en fanfare, toute l'équipe de la Presse Gouvernementale (RTD et Nation ), a lamentablement dégénéré.

Cette manifestation a malheureusement fait couler du sang, du sang des manifestants djiboutiens qui ont répondu à l'appel de la manifestation gouvernementale, du sang dans les rangs des forces de répression gouvernementales.

Les articles publiés par le journal gouvernemental ''La Nation'' sur la mobilisation, la préparation ''à chaud'' des esprits et les analyses sur la lutte du peuple palestinien, parlent d'eux même .

Ces analyses écrites sont souvent superficielles et tendancieusement basses. Elles ne mettent nullement en relief le combat légitime, héroïque, à mains nues depuis plus d'un demi-siècle, combat unique dans toute l'Histoire contemporaine.

Le combat de tout un peuple uni derrière une Seule Cause, derrière une Seule Volonté, derrière un Seul Drapeau, celui de la Souveraineté Nationale, celui de l'Etat Palestinien.

Combat pour la paix à Jérusalem Ville-Sainte, Jérusalem Ville des Trois Confessions qui croient en Un Seul Dieu Tout-Puissant et Miséricordieux, Jérusalem Ville Arabe, Jérusalem Ville Libre.



En résumé :

Les communiqués n°21 et 22 n'ont pas été entendus de la manière dont nous souhaitions.

En effet, la politique foncièrement discriminatoire à l'égard de nos concitoyens qui demeurent sans pièces d'identité, de nos concitoyens que nous considérons comme arbitrairement marginalisés, pour ces vrais djiboutiens, l 'espoir semble s'amenuiser et actuellement, ils ne comprennent plus le ton et les réactions secs et expéditifs à leur égard.

Même le service des passeports, ces dernier temps, n'est pas épargné car pour certains, on ne délivre pas de passeport.
Peut-être le stock des passeports est fort réduit, ou peut-être la commande de nouveaux passeport n'est pas engagé par le Ministère des Finances. Difficile à savoir.

Dans le cas du communiqué n°23, les réactions, surtout au sein de l'équipe gouvernementale, sont très controversées et on a l'impression, dans les coulisses, que des hommes politiques se rejettent la responsabilité de ce qu'ils qualifient de dérapage.

On dit souvent que les fautes à demi avouées, sont à demi pardonnées.

Mais dans ce cas sanglant, l'impunité ne devrait pas exister.

A notre avis, et à l'heure actuelle, le Chef du Gouvernement continue d'être focalisé sur les problèmes internationaux et donne l'impression d'agir pour son image de marque lorsqu'il paraît sur le petit écran de la RTD.

Dans la pratique, rien, vraiment rien n'est encore tangible.
La politique foncièrement dictatoriale continue avec tous ses aspects dans notre République.


I .2 Sur les Diffusions d'Information.


a) Diffusion d'Information n°5 du 07 septembre 2000.


''Affaire Pinochet …… ou le début de la fin
de l'impunité des hommes des régimes dictatoriaux.(suite)''

Après la Diffusion d'Information n°4/LDDH/00 du 23 août 2000, nous avons estimé qu'il était important de publier encore une fois le cas de Pinochet, ceci dans le cadre de la formation et de l'information en matière des Droits de l'Homme ainsi que celui du combat contre l'impunité des hommes des régimes dictatoriaux , des hommes qui directement, décident, participent ou soutiennent sans vergogne et souvent avec zèle, aux différentes formes de violations des Droits de la personne humaine.

Ces hommes qui donnent des ordres ou exécutent des actes qui relèvent du Code Pénal International portant sur les crimes contre l'humanité, sur les crimes de guerre ( crimes de guerre dans le conflit interne en République de Djibouti ).

Dans le préambule de cette Diffusion d'Information, nous avons fixé son objectif par les termes suivants :


" Dans l'unique objectif de faire évoluer les mentalités et les réactions de peur face à la dictature en générale et afin de participer à l'Information et à Formation en matière des droits de l'Homme, la LDDH publie dans cette diffusion, la suite sur l'Affaire du général Pinochet qui va être jugé dans son propre pays le Chili. "


Et nous avons élucidé cet objectif par ces commentaires :


" III. Commentaires de la LDDH

Cette diffusion fait suite à la précédente diffusion n°4/LDDH sur Pinochet. Nous avons reproduit ci-dessus des passages d'un rapport d'Amnesty International .

Nous sommes profondément persuadés que le " combat contre l'impunité " est vraiment un combat de tous les jours, un combat qui demande beaucoup de courage et d'abnégation. C'est un combat noble.

Dans " le combat contre l'impunité : Affaire Pinochet " Amnesty International nous a dressé une chronologie parfaite et nous montre par là que pour chaque affaire, le combat contre l'impunité nécessite en priorité l'établissement d'une chronologie détaillée pour chaque cas de délit contre la personne humaine, pour chaque dictateur, pour chaque tortionnaire, pour chaque personne impliquée dans les détournements des deniers publics ou dans la propagation du " cancer " de la corruption, car la corruption tue. Bref, il faut réussir à établir une fiche signalétique pour chaque personne qui opère se croyant couvert par l'impunité.

Pour plus amples informations sur le : comment constitué un dossier, vous pouvez vous adresser à : "

AMNESTY INTERNATIONAL
INTERNATIONAL SECRETARIAT
1 Easton Street, London WC1X ODW, United Kingdom
Tel : Int. Code :44 (20) 7413 5500. UK Code : 020 7413 5500. Fax : Int. Code 44 (20) 7956 1157. UK Code : 020 7959 1157
E-Mail : amnestyis@amnesty.org Web :http://www.amnesty.org
ou
Humain Rights Watch :

www.hrw.org/campaigns/chile98/precedent.htm


b) Diffusion d'Information n°6 du 10 septembre 2000.

STATUT DE ROME DE LA COUR PENALE INTERNATIONALE.


Le Statut de Rome de la Cour Pénale Internationale est en fait la résultante des efforts inlassables des juristes et des Défenseurs des Droits de l'Homme, efforts inlassables des décideurs et hommes politiques qui ont tous œuvré ensembles à l'évolution des structures des Droits de l'Homme.

La publication du deuxième chapitre du Statut de Rome seulement, devrait permettre aux djiboutiens de mieux comprendre et de mieux cerner les crimes relevant de la compétence de la Cour.

De mieux distinguer, pour mieux les classer, les crimes de génocides, les crimes contre l'humanité, les crimes de guerre.

De mieux se retrouver dans les éléments constitutif des crimes.

De mieux apprécier les différentes compétences.

A la fin de cette Diffusion, nous avons clairement déterminé les objectifs visés par la LDDH, à savoir :


" Objectifs visés par la LDDH

Nous avons décidé de reproduire intégralement, le chapitre II du Statut de la Cour Pénale Internationale, qui se ventile sur XIII chapitres pour les raisons suivantes :

1°) pour renforcer les préoccupations du Président de la République de Djibouti, et notamment pour appuyer son discours à New - York en faveur de la Cour Pénale Internationale.

2°) pour faciliter la propagation et la compréhension de la Cour Pénale Internationale à travers les mass-média et en particulier à travers le bulletin d'ARDHD qui est bien consulté ici à Djibouti.

3°) pour encourager les Décideurs djiboutiens, notamment l'ensemble des membres de l'Assemblée Nationale, à ratifier le Statut de la Cour Pénale Internationale dont le Gouvernement ,ainsi que les délégués djiboutiens avaient dès le début participer à sa conception et activement à sa signature à Rome. "

Vives réactions.

Apres la publication dans Internet par l'ARDHD qui grâce à Jean-Loup SCHAAL, nous sert de support médiatique international, un compatriote résident en Finlande nous a téléphoné pour nous témoigner son mécontentement de notre appui du discours du Chef de l'Etat à New-York lorsqu'il s'engageait à défendre le Tribunal Pénal International pour un plus grand respect des Droits de l'Homme.

Nous comprenons notre compatriote de sa vive réaction et nous sommes particulièrement touchés par son Appel.

Toutefois, nous attendons toujours la mise en application des engagements du Chef de l'Etat, engagements qui ne peuvent être sincère que si , rapidement, la loi de ratification du Statut de la Cour Pénale Internationale soit adoptée par l'Assemblée Nationale Djiboutienne.

Le non respect de l'engagement du Chef de l'Etat à New-York au Sommet des Nations-Unis risque fortement de faire perdre pour longtemps toute crédibilité à notre République.


II. Autres activités.

La LDDH maintient un certain nombre de correspondant avec les défenseurs des Droits de l'Homme, avec aussi d'autres personnalités qui suivent de près ses activités.

Nous tenons ici à remercier toutes celles et tous ceux qui ne cessent de nous aider, de nous donner des conseils, de nous accorder leur soutien moral par leurs encouragements.

Parmi mes Lettres d'Information, certaines sont publiées telle que, par exemple, la Lettre Ouverte au Ministre de la Justice chargé des Droits de l'Homme.

Annexe :

ARTICLE 1 :

L'Etat de Djibouti est une République démocratique, souveraine, une et indivisible.
Il assure à tous l'égalité devant la loi sans distinction de langue, d'origine, de race, de sexe ou de religion. Il respecte toutes les croyances.
Sa devise est " Unité-Egalité-Paix "
Son principe est le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.
Ses langues officielles sont : l'arabe et le français.


ARTICLE 3 :

La République de Djibouti est composée de l'ensemble des personnes qu'elle reconnaît comme membres et qui en acceptent les devoirs, sans distinction de langue, de race, de sexe ou de religion.
La souveraineté nationale appartient au peuple djiboutien qui l'exerce par ses représentants ou par la voie du référendum. Aucune fraction du peuple ni aucun individu ne peut s'en attribuer l'exercice.
Nul ne peut être arbitrairement privé de la qualité de membre de la communauté nationale.


ARTICLE 14 :

Tous les citoyens de la République ont le droit de se déplacer et de se fixer librement sur toute l'étendue de la République. Ce droit ne peut être limité que par la loi.
Nul ne peut être soumis à des mesures de sûreté, sauf dans les cas prévus par la loi.


ARTICLE 16 :

Nul ne sera soumis à la torture, ni à des sévices ou traitements inhumains, cruels, dégradants ou humiliants.
Tout individu, tout agent de l'Etat, toute autorité publique qui se rendrait coupable de tels actes, soit de sa propre initiative, soit sur instruction, sera puni conformément à la loi.

ARTICLE 18 :

Tout étranger qui se trouve régulièrement sur le territoire national jouit pour sa personne et pour ses biens de la protection de la loi.

 

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