Tableau
de bord 1/LDDH/00
Rapport d'activité
Période : Septembre - Octobre 2000
I. Activités
écrites . (objectif et réactions)
I.1 Sur les Communiqués de Presse.
Durant le bimestre
septembre - Octobre 2000, la Ligue Djiboutienne des Droits Humaines
(LDDH) a émis trois Communiqués de Presse.
Les objectifs escomptés sont essentiellement :
a) Communiqué de Presse n° 21 du
12 septembre 2000.
"
Les passagers en provenance du Somaliland rencontrent des difficultés
au niveau du barrage Loyada et Djibouti. "
L'objectif principal
était celui de dénoncer les violations du Droit d'Aller
et Venir répétées à partir de notre frontière
aux passagers et aux transporteurs en provenance du Somaliland, et surtout,
les violations inadmissibles de l'article 3 de la Constitution de la
République de Djibouti (Voir annexe à la fin du rapport)
Depuis que le
Gouvernement de notre voisin du Sud avait refusé de participer
à la Conférence somalienne à Arta, et surtout depuis,
le refus d'accès à Hargheisha par les autorités
de ce pays aux membres de la délégation parlementaire
djiboutienne conduite par le deuxième Vice-Président de
l'Assemblée Nationale (ancien Ministre de l'Intérieur)
le député Idriss Harbi suivi par l'expulsion manu-militari,
de M. Omar Dhere représentant du Somaliland en République
de Djibouti, par les autorités djiboutiennes. Le contrôle
à Loyada est, encore malheureusement, très souvent inhumain.
Ces violations
du Droit d'Aller et Venir à partir du poste frontalier de "
Loyada " ont été ainsi durement ressenties par les
vacanciers djiboutiens de retour dans leur pays après les vacances
scolaires de l'été, fuyant les fortes canicules de l'été
n'ayant pas le moyen de se payer des voyages plus lointain par avion,
encore moins celui de se payer le luxe d'une " climatisation respectable
chez soi ".
Il existe à
Djibouti un nombre important de Djiboutiens, qui n'ont pas d'autre patrie
et qui sont pratiquement condamnés à vie avec leur progéniture
à rester indéfiniment sans pièces d'identité
.
Ces vrais djiboutiens
parfois depuis deux générations qui sont respectés
et respectables, peuvent quitter la République de Djibouti sans
tracas avec leurs enfants, mais lors du retour au pays, ils confrontent
humiliations et sévices. Pour eux partir en congé en dehors
du pays comporte un risque énorme pour leur retour, parfois les
enfants sont séparés et rentrent seul sans être
accompagner par leur parent (Exemple légale " Une maman
est retenue au poste frontière pour défaut de pièce
d'identité et ses enfants sont forcés de continuer leur
retour de voyage et de rentrer seuls à Djibouti ")
A travers ce
communiqué, nous avons tenu, à mettre en exergue, la situation
intolérable de ces vrais djiboutiens arbitrairement condamnés
par l'Administration du Ministère de l'Intérieur à
demeurer apatrides, à demeurer avec leurs enfants et petits enfants
sans aucune pièce d'identité djiboutienne dont ils ont
parfaitement droit si vraiment la politique de marginalisation pour
une catégorie de nos citoyens serait abolie.
Marginalisation
contraire à la Constitution de notre pays, à nos coutumes
ancestrales, au principe même de la Démocratie.
b) Communiqué de Presse n°22 du
25 septembre 2000
" Il n'y
a rien à attendre .... rien à espérer.
Ce Communiqué
vise essentiellement à dénoncer le statut quo d'une politique
foncièrement dictatoriale à l'égard de la Presse,
politique foncièrement dictatoriale qui s'est paradoxalement
durcie depuis la Constitution du référendum du 4 septembre
1992, politique foncièrement dictatoriale qui continue à
s'amplifier non seulement par des méthodes de répressions
directes mais aussi par d'autres méthodes répressives
sournoises mais plus dangereuses annihilant pratiquement, même,
toutes velléités de dénonciation de la dictature,
toutes chances à la Libre Expression et à la Presse Libre.
Si le Droit à
la Parole est réprimée, si le Droit de Réponse
est classée sans suite par le Ministère Public et qu'aucun
recours n'est possible pour abus de Pouvoir, pour interception et blocage
arbitraire et illégale par ceux-là même, sensés
appliquer la loi, par ceux-là même sensés défendre
l'Indépendance du troisième pilier de l'Etat à
savoir le Pouvoir Judiciaire. Que faut-il faire ?
Alors : "
Il n'y a rien à attendre .... rien à espérer "
du moins tant que cette politique foncièrement dictatoriale continuera
de régner en République de Djibouti.
c) Communiqué de Presse n° 23 du 14
octobre 2000.
" La manifestation Gouvernementale est sauvagement
réprimée par les forces de répression Gouvernementales.
"
Ce Communiqué fait état d'une manifestation en principe,
de soutien au peuple palestinien dans leur combat légitime, courageux
et de longue date, pour la création d'un Etat Palestinien Libre
et Souverain.
Cette manifestation,
organisée sous l'impulsion de l'équipe au Pouvoir, avec
l'effigie du Chef de l'Etat djiboutien, avec et en fanfare, toute l'équipe
de la Presse Gouvernementale (RTD et Nation ), a lamentablement dégénéré.
Cette manifestation
a malheureusement fait couler du sang, du sang des manifestants djiboutiens
qui ont répondu à l'appel de la manifestation gouvernementale,
du sang dans les rangs des forces de répression gouvernementales.
Les articles
publiés par le journal gouvernemental ''La Nation'' sur la mobilisation,
la préparation ''à chaud'' des esprits et les analyses
sur la lutte du peuple palestinien, parlent d'eux même .
Ces analyses
écrites sont souvent superficielles et tendancieusement basses.
Elles ne mettent nullement en relief le combat légitime, héroïque,
à mains nues depuis plus d'un demi-siècle, combat unique
dans toute l'Histoire contemporaine.
Le combat de
tout un peuple uni derrière une Seule Cause, derrière
une Seule Volonté, derrière un Seul Drapeau, celui de
la Souveraineté Nationale, celui de l'Etat Palestinien.
Combat pour la
paix à Jérusalem Ville-Sainte, Jérusalem Ville
des Trois Confessions qui croient en Un Seul Dieu Tout-Puissant et Miséricordieux,
Jérusalem Ville Arabe, Jérusalem Ville Libre.
En résumé :
Les communiqués
n°21 et 22 n'ont pas été entendus de la manière
dont nous souhaitions.
En effet, la
politique foncièrement discriminatoire à l'égard
de nos concitoyens qui demeurent sans pièces d'identité,
de nos concitoyens que nous considérons comme arbitrairement
marginalisés, pour ces vrais djiboutiens, l 'espoir semble s'amenuiser
et actuellement, ils ne comprennent plus le ton et les réactions
secs et expéditifs à leur égard.
Même le
service des passeports, ces dernier temps, n'est pas épargné
car pour certains, on ne délivre pas de passeport.
Peut-être le stock des passeports est fort réduit, ou peut-être
la commande de nouveaux passeport n'est pas engagé par le Ministère
des Finances. Difficile à savoir.
Dans le cas du
communiqué n°23, les réactions, surtout au sein de
l'équipe gouvernementale, sont très controversées
et on a l'impression, dans les coulisses, que des hommes politiques
se rejettent la responsabilité de ce qu'ils qualifient de dérapage.
On dit souvent
que les fautes à demi avouées, sont à demi pardonnées.
Mais dans ce
cas sanglant, l'impunité ne devrait pas exister.
A notre avis,
et à l'heure actuelle, le Chef du Gouvernement continue d'être
focalisé sur les problèmes internationaux et donne l'impression
d'agir pour son image de marque lorsqu'il paraît sur le petit
écran de la RTD.
Dans la pratique,
rien, vraiment rien n'est encore tangible.
La politique foncièrement dictatoriale continue avec tous ses
aspects dans notre République.
I .2 Sur les Diffusions d'Information.
a) Diffusion d'Information n°5 du 07 septembre
2000.
''Affaire Pinochet
ou le début de la fin
de l'impunité des hommes des régimes dictatoriaux.(suite)''
Après
la Diffusion d'Information n°4/LDDH/00 du 23 août 2000, nous
avons estimé qu'il était important de publier encore une
fois le cas de Pinochet, ceci dans le cadre de la formation et de l'information
en matière des Droits de l'Homme ainsi que celui du combat contre
l'impunité des hommes des régimes dictatoriaux , des hommes
qui directement, décident, participent ou soutiennent sans vergogne
et souvent avec zèle, aux différentes formes de violations
des Droits de la personne humaine.
Ces hommes qui
donnent des ordres ou exécutent des actes qui relèvent
du Code Pénal International portant sur les crimes contre l'humanité,
sur les crimes de guerre ( crimes de guerre dans le conflit interne
en République de Djibouti ).
Dans le préambule
de cette Diffusion d'Information, nous avons fixé son objectif
par les termes suivants :
" Dans l'unique objectif de faire évoluer les mentalités
et les réactions de peur face à la dictature en générale
et afin de participer à l'Information et à Formation en
matière des droits de l'Homme, la LDDH publie dans cette diffusion,
la suite sur l'Affaire du général Pinochet qui va être
jugé dans son propre pays le Chili. "
Et nous avons élucidé cet objectif par ces commentaires
:
" III. Commentaires de la LDDH
Cette diffusion
fait suite à la précédente diffusion n°4/LDDH
sur Pinochet. Nous avons reproduit ci-dessus des passages d'un rapport
d'Amnesty International .
Nous sommes profondément
persuadés que le " combat contre l'impunité "
est vraiment un combat de tous les jours, un combat qui demande beaucoup
de courage et d'abnégation. C'est un combat noble.
Dans " le
combat contre l'impunité : Affaire Pinochet " Amnesty International
nous a dressé une chronologie parfaite et nous montre par là
que pour chaque affaire, le combat contre l'impunité nécessite
en priorité l'établissement d'une chronologie détaillée
pour chaque cas de délit contre la personne humaine, pour chaque
dictateur, pour chaque tortionnaire, pour chaque personne impliquée
dans les détournements des deniers publics ou dans la propagation
du " cancer " de la corruption, car la corruption tue. Bref,
il faut réussir à établir une fiche signalétique
pour chaque personne qui opère se croyant couvert par l'impunité.
Pour plus amples
informations sur le : comment constitué un dossier, vous pouvez
vous adresser à : "
AMNESTY INTERNATIONAL
INTERNATIONAL SECRETARIAT
1 Easton Street, London WC1X ODW, United Kingdom
Tel : Int. Code :44 (20) 7413 5500. UK Code : 020 7413 5500. Fax : Int.
Code 44 (20) 7956 1157. UK Code : 020 7959 1157
E-Mail : amnestyis@amnesty.org Web :http://www.amnesty.org
ou
Humain Rights Watch :
www.hrw.org/campaigns/chile98/precedent.htm
b) Diffusion d'Information n°6 du 10 septembre 2000.
STATUT DE ROME
DE LA COUR PENALE INTERNATIONALE.
Le Statut de Rome de la Cour Pénale Internationale est en fait
la résultante des efforts inlassables des juristes et des Défenseurs
des Droits de l'Homme, efforts inlassables des décideurs et hommes
politiques qui ont tous uvré ensembles à l'évolution
des structures des Droits de l'Homme.
La publication
du deuxième chapitre du Statut de Rome seulement, devrait permettre
aux djiboutiens de mieux comprendre et de mieux cerner les crimes relevant
de la compétence de la Cour.
De mieux distinguer,
pour mieux les classer, les crimes de génocides, les crimes contre
l'humanité, les crimes de guerre.
De mieux se
retrouver dans les éléments constitutif des crimes.
De mieux apprécier
les différentes compétences.
A la fin de
cette Diffusion, nous avons clairement déterminé les objectifs
visés par la LDDH, à savoir :
" Objectifs visés par la LDDH
Nous avons décidé
de reproduire intégralement, le chapitre II du Statut de la Cour
Pénale Internationale, qui se ventile sur XIII chapitres pour
les raisons suivantes :
1°) pour
renforcer les préoccupations du Président de la République
de Djibouti, et notamment pour appuyer son discours à New - York
en faveur de la Cour Pénale Internationale.
2°) pour
faciliter la propagation et la compréhension de la Cour Pénale
Internationale à travers les mass-média et en particulier
à travers le bulletin d'ARDHD qui est bien consulté ici
à Djibouti.
3°) pour
encourager les Décideurs djiboutiens, notamment l'ensemble des
membres de l'Assemblée Nationale, à ratifier le Statut
de la Cour Pénale Internationale dont le Gouvernement ,ainsi
que les délégués djiboutiens avaient dès
le début participer à sa conception et activement à
sa signature à Rome. "
Vives réactions.
Apres la publication
dans Internet par l'ARDHD qui grâce à Jean-Loup SCHAAL,
nous sert de support médiatique international, un compatriote
résident en Finlande nous a téléphoné pour
nous témoigner son mécontentement de notre appui du discours
du Chef de l'Etat à New-York lorsqu'il s'engageait à défendre
le Tribunal Pénal International pour un plus grand respect des
Droits de l'Homme.
Nous comprenons
notre compatriote de sa vive réaction et nous sommes particulièrement
touchés par son Appel.
Toutefois, nous
attendons toujours la mise en application des engagements du Chef de
l'Etat, engagements qui ne peuvent être sincère que si
, rapidement, la loi de ratification du Statut de la Cour Pénale
Internationale soit adoptée par l'Assemblée Nationale
Djiboutienne.
Le non respect
de l'engagement du Chef de l'Etat à New-York au Sommet des Nations-Unis
risque fortement de faire perdre pour longtemps toute crédibilité
à notre République.
II. Autres activités.
La LDDH maintient un certain nombre de correspondant avec les défenseurs
des Droits de l'Homme, avec aussi d'autres personnalités qui
suivent de près ses activités.
Nous tenons
ici à remercier toutes celles et tous ceux qui ne cessent de
nous aider, de nous donner des conseils, de nous accorder leur soutien
moral par leurs encouragements.
Parmi mes Lettres
d'Information, certaines sont publiées telle que, par exemple,
la Lettre Ouverte au Ministre de la Justice chargé des Droits
de l'Homme.
Annexe :
ARTICLE 1 :
L'Etat de Djibouti
est une République démocratique, souveraine, une et indivisible.
Il assure à tous l'égalité devant la loi sans distinction
de langue, d'origine, de race, de sexe ou de religion. Il respecte toutes
les croyances.
Sa devise est " Unité-Egalité-Paix "
Son principe est le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le
peuple.
Ses langues officielles sont : l'arabe et le français.
ARTICLE 3 :
La République
de Djibouti est composée de l'ensemble des personnes qu'elle
reconnaît comme membres et qui en acceptent les devoirs, sans
distinction de langue, de race, de sexe ou de religion.
La souveraineté nationale appartient au peuple djiboutien qui
l'exerce par ses représentants ou par la voie du référendum.
Aucune fraction du peuple ni aucun individu ne peut s'en attribuer l'exercice.
Nul ne peut être arbitrairement privé de la qualité
de membre de la communauté nationale.
ARTICLE 14 :
Tous les citoyens
de la République ont le droit de se déplacer et de se
fixer librement sur toute l'étendue de la République.
Ce droit ne peut être limité que par la loi.
Nul ne peut être soumis à des mesures de sûreté,
sauf dans les cas prévus par la loi.
ARTICLE 16 :
Nul ne sera soumis
à la torture, ni à des sévices ou traitements inhumains,
cruels, dégradants ou humiliants.
Tout individu, tout agent de l'Etat, toute autorité publique
qui se rendrait coupable de tels actes, soit de sa propre initiative,
soit sur instruction, sera puni conformément à la loi.
ARTICLE 18 :
Tout étranger
qui se trouve régulièrement sur le territoire national
jouit pour sa personne et pour ses biens de la protection de la loi.
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Sommaire
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