NOTE D'INFORMATION N° 18/01/LDDH DU 19 AOÛT 2001
19/08/01 QUE DIT L'ACCORD ENTRE LE FRUD ET LE GOUVERNEMENT ?
QUOI DE NOUVEAU POUR LA PRESSE LIBRE AVEC ET APRÈS LES NÉGOCIATION DU
7/02/00 AU 12/05/01 ?
RIEN QUE DES MENACES ET DES PROCÈS BIDONS ?
DANS TOUS LES CAS RIEN DE POSITIF POUR LA PRESSE !
Article 14 DE LA
PRESSE
Les Parties s’engagent à œuvrer pour assurer la liberté de la
presse conformément à la loi organique n°) 21/AN/925/2éL
du 15/09/92 telle qu’amandée dans ses articles 4, 60 et
63, relative à la liberté de communication qui concilie le droit à l’information avec le
droit à la vie privée et à l’ordre public.
Que dit cet article ? Franchement cet article est décevant, car il ne cite à aucun
moment les nombreux procès
mascarades contre la presse libre et la presse de l’Opposition non
armée,
cet Accord ne prévoit aucune clause pour la révision des procès
politiques, même pas, pour les procès des journaux qui avaient publié
le Communiqué du Président Ahmed Dini en août 1999.
Il est de notre devoir de rappeler les procès politiques maquillés en procès condamnant à plusieurs mois de prison fermes les Directeurs de Publication des journaux « Le Temps » et « Le Renouveau », lors des évènements douloureux de l’hélicoptère des Forces Armées Nationales, durant le conflit armé et interne. (voir à la fin : les remarques)
Pire
encore, cet article donne l’impression d’être plus répressif et
restrictif en proposant des amendements(encore secrets et non connus du
public).
Une question découle de cet article : que faut-il entendre, par le
droit à la vie privée d’un homme public au Pouvoir, dans le cas par
exemple, d’une épouse d’un haut responsable de l’Etat qui
dilapiderait, par abus de pouvoir, et, à des fins personnelles les
deniers publics et les biens sociaux du Budget
de l’Etat ? Pour
vous permettre à mieux vous poser des questions sur les raisons cachées
des amendements encore secrets, nous reproduisons, ci-après, les articles
4, 60 et 63, de la Loi
n°2/AN/92/2éL du 15 septembre 1992, relative à la liberté de
Communication.
Article 4
La liberté de communication ne doit pas porter atteinte à la paix sociale et à la dignité de la personne humaine, ni troubler l’ordre public, elle doit comporter aucune information ou insertion contraires à la morale islamique, ou susceptible de faire l’apologie du racisme, du tribalisme, de la trahison ou du fanatisme.
Article 60
Le journaliste est tenu de traiter l’information avec objectivité et
responsabilité.
Article 63
Toute perquisition dans les lieux d’élaboration, de fabrication, de production, d’impression et de conservation documentaire des publications périodiques est interdite, sauf sur réquisition du procureur de la République dans le cadre d’une enquête judiciaire, ou sur autorisation du juge.
Toutefois, cette interdiction de perquisition ne s’applique pas lorsqu’il y a atteinte à l’ordre public.
I°) BREVE CHRONOLOGIE.
REPRESSIONS CONTRE LA PRESSE du
7 Février
2000 à ce jour.
Le 25 septembre 2000 la
Ligue Djiboutienne des Droits Humains(LDDH) par Communiqué de Presse n°
22/00 avait fait remarquer qu’il n’y avait « rien à attendre,
rien espérer » face au verrouillage de la liberté d’expression,
d’information, d’être informé, la liberté de la Presse et de la
Communication …ces libertés n’existent point, c’est encore un rêve,
un souhait pour les djiboutiens.
Le 15 janvier 2001 le Président
Daher Ahmed Farah, Directeur de Publication du journal « Le
Renouveau » a été, tôt le matin, arrêté à son domicile par les
Forces Nationales de Police, mis en garde à vue, et déféré devant le
juge d’Instruction, qui l’a immédiatement inculpé « pour
diffusion de fausses nouvelles et de diffamations », avec remise en
liberté provisoire sous contrôle judiciaire et suspension du journal
« Le Renouveau ».
Le 10 mars 2001 le
directeur du journal « Le Renouveau » est comparu au Tribunal
Correctionnel de Première Instance.
Par Communiqué de Presse, la LDDH a déclaré : qu’elle « demeure
très préoccupée de la situation des Droits et des Libertés
d’Expression, de Communication et de la Presse »
Le 31 mars 2001 Le Président
de la Cour Correctionnelle a rendu son Jugement dans l’Affaire contre le
Directeur du journal « Le
Renouveau », suite à la plainte du Commissaire de la République,
chef du District de Djibouti.
Le Jugement rendu a statué sur les deux chefs d’inculpation :
1°) déclare monsieur Daher Ahmed Farah non coupable du chef
d’inculpation « de diffamation »
2°) déclare qu’il
est coupable « de diffusion de fausses nouvelles » et le
condamne à trois mois de suspension du journal « Le Renouveau »
Le 7 juin 2001 Le
journal « Le Renouveau » a publié les copies deux
mandats pour le paiement d’une avance à titre exceptionnel en faveur du
« patron du Budget national », en l’occurrence, en
faveur du Ministre des Finances.
Le 7juin 2001 Des agents du Trésor national ont été arrêtés
par la Gendarmerie nationale sans mandat d’amener, et mis en garde à
vue sans mandat.
Le 9 juin 2001 Le Président
du PRD, Directeur de publication du journal « Le Renouveau »
ainsi que le Président de la LDDH se sont rendus à la Brigade Nord de la
Gendarmerie, afin de s’inquiéter de la situation des fonctionnaires
détenus,
de connaître leur nombre, leur nom, et le chef d’accusation.
Après, plus de deux heures d’attente au sein de la Brigade pour
obtenir ces informations, le capitaine de la gendarmerie, sensé de nous
tenir informé, nous a dit à son retour, qu’il allait procéder à la
perquisition du domicile du Directeur du journal « Le Renouveau »,
ceci sans réquisition de perquisition et en violation flagrante de
l’article 63 (ci-dessus) de la LOI sur la liberté de Communication.
M. Daher Ahmed Farah fut
mis en garde à vue, déféré devant la juge d’Instruction, inculpé et
mis sous contrôle judiciaire pour le chef d’accusation suivant :
« abus et recel de biens publics »
Le 2 août 2001 La juge
Nima Ali Warsama « ordonne la main levée du contrôle
Judiciaire de l’inculpé Daher Ahmed Farah »
Le 3 août 2001 Invité
par le Gouvernement des Etats Unis d’Amérique (USA), en sa qualité de
membre de l’Opposition Djiboutienne Unifié (ODU), à participer « au
programme visiteur » sur le thème de la transition
pacifique et démocratique, d’abord à Washington DC puis dans
d’autres Etats pour trois semaines.
Sans aucun motif, d’une manière illégale et anticonstitutionnelle,
en infraction flagrante au Droit d’Aller et Venir, Monsieur Daher Ahmed
Farah (DAF), muni de l’Ordonnance de Main Levée du Juge du Parquet du
Tribunal de Djibouti, s’est
vu refusé à prendre l’avion à destination de Washington, par la
Police de l’Air et des Frontières (PAF). Voilà encore, un autre cas
flagrant de violation du Droit de se déplacer librement à l’intérieur
et/ou à l’extérieur de notre pays.
II°) REMARQUES
Dans ce cadre, il apparaît opportun de rafraîchir la mémoire, par un
simple rappel d’une période douloureuse pour tout le monde.
Le 29 août 1999 Monsieur
Daher Ahmed Farah, Directeur de Publication du journal « Le
Renouveau » et Monsieur Ali Meidal Wais, Co-Directeur de publication
du mensuel de l’Opposition « Le Temps » et tous deux membres
du Haut Conseil de l’ODU ont été convoqués à la Gendarmerie.
L’enquête de la Gendarmerie portait sur le chef d’accusation : diffusion dans leur journal respectif d’un Communiqué de presse du Président du FRUD M. Ahmed Dini Ahmed.
Le 2 septembre 1999 Deux
journalistes de la presse libre et de la presse de l’Opposition :
MM. Daher Ahmed et Ali Meidal ont été condamnés par la Justice
djiboutienne respectivement à huit mois et à douze mois de prison fermes
pour avoir publié des informations susceptibles de porter atteintes au
moral de l’Armée.
Le 13 septembre 1999
Levée d’une manière illégale, en violation flagrante avec
l’article 16 de la Loi relative à la liberté de Communication, du député
le Président Moussa Ahmed Idriss, candidat unique de l’Opposition
djiboutienne aux élections d’avril 1999. Cette levée de l’immunité
parlementaire en totale contradiction avec
la Constitution et le Règlement Intérieur de l’Assemblée
nationale, en parfaite violation de la Loi sur la liberté de la presse.
Cette méthode hâtive, expéditive, orchestrée par
un zélé au perchoir, démontre une volonté politique foncièrement
dictatoriale, une volonté politique à vouloir asservir les
parlementaires, et tenir muselé le Pouvoir Législatif, une volonté
politique foncièrement dictatoriale qu’aujourd’hui, pratiquement
aucun député ne peut s’aventurer à parler haut et fort, à dénoncer
sans ambages les abus de Pouvoir et les détournements des deniers publics
et les biens sociaux.
Le 23 septembre 1999
Plus de cinq cents soldats encerclent la maison du Président de
l’Opposition Djiboutienne Unifiée(ODU) le député Moussa Ahmed Idriss.
Des grenades sont lancées sans sommation dans la cour de sa demeure. Puis,
des unités spéciales se rendent sur les lieux et donnent l’assaut. Une
dizaines de personnes sont atteintes par les éclats de grenades, dont
l’épouse et la fille de M. Moussa Ahmed.
Des balles réelles sont tirées faisant plusieurs
blessés. Le fils adoptif du Président Moussa Ahmed est décédé à
l’hôpital après avoir été grièvement blessé par balle.
Le député Moussa Ahmed est arrêté, déféré au
Parquet, immédiatement mis en détention provisoire dans la sinistre
prison de Gabode. La police aurait arrêté simultanément des centaines
de jeunes manifestants et sympathisants.
III°) SOUHAITS DE LA LDDH:
Consciente des violations constantes du titre II de la Constitution sur le
respect de la personne humaine ;
Préoccupée des violations répétées des Droits fondamentaux, notamment
les Droits d’Aller et Venir ;
Rappelle que « chacun
a le droit d’exprimer et de diffuser librement ses opinions par la
parole, la plume et l’image » (article
15 de la Constitution) .
La
Ligue Djiboutienne des Droits Humains lance un Appel pressant aux
membres de Reporter sans Frontière pour qu’ils puissent apporter
assistance lors du procès contre le journaliste M. Daher Ahmed , procès
qui aura lieu dès la rentrée judiciaire au mois de septembre prochain.
La
LDDH s’engage à être à la disposition de tous les Défenseurs des
Droits de l’Homme qui participeront à ce procès, qui a pour seul
objectif de mettre à genou la presse libre , ainsi que la presse de
l’Opposition à Djibouti.
La
LDDH encourage Amnesty International des USA à continuer ses pressions
discrètes et efficaces à l’égard du Gouvernement djiboutien, pour le
respect des Droits d’Aller et Venir , des Droits à la libre
circulation des biens et des personnes tant à l’intérieur qu’à
l’extérieur de la République de Djibouti.
M. NOEL ABDI Jean- Paul